Pasolini Roma

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Pasolini sur la tombe de Gramsci

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A partir d’octobre 2013, exposition à la cinématheque de Paris :

Né à Bologne en 1922, cinéaste prolifique, Pier Paolo Pasolini fut aussi poète, philosophe, linguiste, romancier, dramaturge, chroniqueur virulent, acteur occasionnel, peintre intimiste et homme engagé. Il fit preuve d’une exceptionnelle polyvalence artistique et fut jusqu’à son assassinat à Ostie en 1975, l’un des personnages le plus controversé de la société d’après-guerre italienne.

L’exposition proposera un parcours chronologique, suivant l’évidente dramaturgie de la vie de Pasolini à partir de l’année 1950, moment de son arrivée à la gare ferroviaire de Roma Termini. En explorant les sites pasoliniens de la ville de Rome et de sa périphérie, et en passant par les relations amicales avec des poètes et des intellectuels comme Sandro Penna, Attilio Bertolucci, Elsa Morante et Alberto Moravia, le parcours s’attachera à révéler l’importance de la géographie dans une relation personnelle de Pasolini à son époque et au monde.

Composée de nombreuses photographies, archives, documents, extraits audiovisuels, l’exposition proposera également les peintures et dessins méconnus réalisés par Pasolini ainsi que des œuvres d’artistes italiens faisant écho avec son œuvre et sa vision de Rome. Approcher Pasolini dans ses rapports avec Rome, c’est donc entrer dans tout ce qui le constitue et le définit : l’amitié, la littérature, la politique, l’amour, le sexe, le cinéma.

Caro diario de Nani Moretti

Extrait de textes :

« les grands problèmes des mass-media, la communication et la consommation d’images par les masses qui contribuent à enlever, annuler l’idée de liberté. Je suis assez vieux pour me rappeler ce que fut le fascisme, avec ses drapeaux, ses uniformes, ses fanfares. Maintenant, ce n’est plus nécessaire, la télévision s’en charge. À huit heures et quart, il y a des millions de personnes dans un pays qui voient la même chose, qui reçoivent la même communication, qui y répondent avec des émotions intérieures, évidemment. Cela finit par retirer toute notre sensibilité envers le monde, notre sensibilité humaine.[…] On a trouvé un système qui empêche la critique, qui empêche le jugement, qui empêche donc l’histoire parce qu’il est évident que l’histoire est le produit d’une critique et d’un jugement.»

Je suis une force du Passé. À la tradition seule va mon amour.
Je viens des ruines, des églises, des rétables, des bourgs abandonnés sur les Appennins ou les Préalpes, là où ont vécu mes frères. J’erre sur la Tuscolane comme un fou, sur l’Appienne comme un chien sans maître. Ou je regarde les crépuscules, les matins sur Rome, la Ciociaria, l’univers, tels les premiers actes de l’Après-Histoire auxquels j’assiste, par privilège d’état-civil, du bord extrême d’un âge enseveli. Monstrueux est l’homme né des entrailles d’une femme morte. Et moi, fœtus adulte, plus moderne que tous les modernes, je rôde en quête de frères qui ne son plus.

Pasolini, Poesia in forma di rosa, 1964.

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