Teikei, une alternative à l’agriculture productiviste

Le système du Teikei s’est mis en place dans les années 1970 au Japon : Suite à de graves incidents sanitaires et environnementaux, des femmes au foyer, citadines et aisées, se sont regroupées pour acheter collectivement des aliments sains directement à des producteurs agricoles. Face à la modernisation à tout va de l’agriculture, elles souhaitaient promouvoir une agriculture qui ne rendrait ni la terre, ni personne malade. Les labels ne sont pas nécessaires, la relation consommateur/producteur est fondée sur la confiance et va bien au-delà du lien commercial. La vente est un détour pour établir des relations. Dans chaque point de vente, les femmes attendent les agriculteurs amenant les livraisons hebdomadaires en camionnette, avec un sourire et un thé. Le système est élaboré au fil des expériences, dans une structure participative où chacun intervient. Aujourd’hui, les fondateurs sont toujours membres actifs de ces réseaux. L’autosuffisance est une condition requise de l’autonomie des paysans. ICHIRAKU, père fondateur du mouvement Tekei, prêche l’esprit d’autonomie et l’entraide pour mieux vivre ensemble. La diversité est une richesse, une attention envers les autres est l’acte le plus louable pour mieux vivre ensemble. Trois principes fondent nombre de ces démarches : les prix sont fixés par les producteurs ; les consommateurs acceptent la totalité des produits récoltés ; en cas d’aléa, la perte est compensée par les consommateurs.

Liens :

http://www.liens-socio.org/Du-Teikei-aux-AMAP-Le-renouveau-de

http://www.arte.tv/fr/les-moissons-du-futur/6815836.html

Sortie du nucléaire

Le Japon décide que le nucléaire n’est pas une énergie d’avenir

Le gouvernement japonais a annoncé vendredi l’arrêt progressif de la production nucléaire d’ici 18 ans, dix-huit mois après l’accident de Fukushima qui a provoqué une catastrophe sans précédent dans le monde depuis Tchernobyl il y a 25 ans.

Le Japon devient ainsi le troisième pays, après l’Allemagne et la Suisse à annoncer une sortie du nucléaire. La sortie du nucléaire civil a été mise en place en Autriche (1978), Suède (1980), Italie (1987), Belgique (1999 . En l’état actuel des textes la première phase de sortie est programmée pour 2015), Allemagne (qui a commencé en 2000 et confirmé en 2011) et Suisse (2011). Le 13 juin 2011, 25 millions d’Italiens (94% des votants) ont dit “non” à la relance du nucléaire, voulue par Silvio Berlusconi.

Le réacteur nucléaire de la centrale de Santa Maria de Garoña (Province de Burgos, au nord de l’Espagne) cessera son activité en juillet 2013, l’exploitant ayant renoncé jeudi 6 septembre 2012 à demander le renouvellement de son autorisation.

Le nucléaire est il vraiment une énergie d’avenir ?

Le nombre de pays choisissant de s’engager sur la voie de sortie du nucléaire ne fait que croître.

Des réacteurs nucléaires belges sont fissurés et arrêtés d’urgence, le nouveau gouvernement québécois confirme sa volonté de fermer la centrale nucléaire de Gentilly-2. La Japon annonce sa sortie du nucléaire….

Mais la France reste le village gaulois en résistance … La presse internationale relaie aujourd’hui que la France met la pression aux autorités japonaises pour essayer de sauver son contrat sur le retraitement des déchets nucléaires. Le jour même de l’annonce de la sortie du nucléaire au Japon et le jour de l’ouverture de la conférence environnementale.

À l’heure où les décisions de sortie du nucléaire ou de fermetures de centrales sont légion dans le monde, notre pays, le plus nucléarisé au monde, se pose encore la question de faire des travaux et de dépenser des millions d’euros sur une centrale qui doit fermer fin 2016 selon les propos de François Hollande ce matin-même.

Avec le nucléaire on ne ménage pas la chèvre et le choux : soit on en sort et on évacue le risque soit on y reste et on accepte le risque

Greenpeace le 14 septembre 2012

Cher(e) ami(e),
Souvenez-vous… Le 5 décembre 2011, 9 militants s’introduisaient dans la centrale de Nogent-sur-Seine et démontraient ainsi qu’il est facile pour un simple citoyen de pénétrer un site nucléaire prétendument 100% sûr !
Au début de cette année, les juges les avaient relaxéset le parquet, ainsi qu’EDF, ont fait appel de ces décisions. C’est pourquoi, ils vont être à nouveau jugés par :

La cour d’appel de Reims le 20 Septembre à 14 heures (201 rue des Capucins)Alors que ces hommes et ces femmes courageux ont agi pour le bien de tous, les voilà une nouvelle fois obligés de répondre de leurs actes, au risque d’encourir des peines pouvant aller jusqu’à plusieurs années de prison !
Soyons nombreux à les soutenir le jour de leur procès. Portons ensemble la longue bannière regroupant les mots d’encouragement que vous avez été des milliers à leur envoyer !

Prouvons-leur que nous ne les avons pas oubliés !Nous espérons vous retrouver devant la cour d’appel pour montrer que nous sommes nombreux et déterminés à dénoncer les mensonges de l’industrie nucléaire !
L’équipe Greenpeace

No nukes

Photos : Commémoration d’Hiroshima :

Article de Greenpeace :

Retenir les leçons de Fukushima

Une série de rapports a été publiée sur la catastrophe de Fukushima, tous plus accablants les uns que les autres. Commandés par le Gouvernement, le parlement, les agences de régulation … Ces rapports d’experts s’accordent tous sur un point : la crise a été une catastrophe d’origine humaine, qui aurait pu être évitée.

Le mythe de la sûreté nucléaire

Le dernier rapport en date a été publié le 23 juillet dernier. Comme le rapport précédent, il dénonce la sous-estimation des risques et la gestion calamiteuse de la catastrophe. Confié par le gouvernement au professeur Yotaro Hatamura, un spécialiste des accidents industriels, ce deuxième rapport souligne la croyance dans le “mythe de la sûreté nucléaire” à l’origine de cette catastrophe. Comme pour celui du Parlement, le rapport Hatamura dénonce “une gestion de crise déficiente

L’état des réacteurs demeurant préoccupant, le comité a donc demandé l’autorisation de poursuivre son travail d’enquête…

Scandales et révélations se succèdent

On apprenait la semaine dernière que les ouvriers de Fukushima ont été “invités” à truquer leurs dosimètres par l’entreprise Build-Up, sous traitant de Tepco. Un responsable de  Build-Up a donné l’ordre à ses employés de couvrir les dosimètres d’une plaque de plomb, pour truquer les chiffres indiquant les doses de radiations reçues. La plupart des ouvriers ont accepté de le faire, mais trois s’y sont opposés. L’objectif ? Sous-déclarer leur exposition afin que la société puisse continuer à travailler sur le site.

Des manipulations multiples … Le Japon a présenté des candidatures pour le renouvellement de cinq membres de la Commission de régulation nucléaire y compris de son président. Cette initiative intervient après le scandale qui a éclaté la semaine dernière, lorsque les noms ont été divulgués aux médias, au mépris de la loi japonaise.  Récemment,  le journal Asahi Shimbun a publié des documents révélant que deux des candidats,  Fuketa et Shimazake, ont reçu une rémunération de la part de l’industrie nucléaire japonaise au titre de conférenciers. Bien que les montants sont probablement en deçà de la limite de 500 000 yens sur trois ans, cet état de fait pose question sur la neutralité des candidats…. À nouveau, l’indépendance des autorités de régulation du nucléaire est entachée de collusion… la grande famille nucléaire reste un entre soi.

La très légitime colère des japonais

Seize mois après l’accident de Fukushima, le traumatisme reste immense. Mais c’est surtout la colère qui gronde. La multiplication des rapports accablants les pouvoirs publics et l’opérateur, notamment sur l’information de la population contribuent à renforcer la méfiance des Japonais vis-à-vis du gouvernement.

Les manifestations contre le nucléaire se multiplient au Japon, avec des rassemblements chaque vendredi soir devant la résidence du Premier ministre Yoshihiko Noda. Le 16 juillet, 170 000 personnes ont manifesté à Tokyo contre le redémarrage des réacteurs nucléaires, un chiffre qui est d’autant plus impressionnant que le Japon, culturellement, n’est pas coutumier des rassemblements citoyens. Plusieurs milliers de manifestants ont formé une chaîne humaine dimanche dernier autour du Parlement à Tokyo, pour protester contre le nucléaire et la remise en service récente de deux réacteurs de la centrale d’Ohi.

Et pourtant, le Japon à redémarré deux de ses réacteurs…

Après avis favorable du gouvernement, les réacteurs n° 3 et n° 4 de la centrale d’Ohi (dans le sud-ouest du pays) ont récemment été remis en route. Alors que 80 % de la population souhaite sortir du nucléaire. La centrale d’Ohi est pourtant située sur une faille sismique… Le gouvernement a procédé à des tests de résistance de ces centrales aux séismes et aux tsunamis après l’accident de Fukushima. Mais il a évité de vérifier si ces sites nucléaires sont situés ou non sur des failles sismiques et encore moins sur des failles actives !

Cette décision va donc à l’encontre du principe de précaution. C’est un déni démocratique, et un déni de réalité car autre chose est possible, et le premier pas a déjà été franchi ! En effet , depuis le 1er juillet, les compagnies d’électricité japonaises sont désormais tenues d’acheter toute l’électricité produite à partir de sources d’énergie renouvelable (éolien, solaire, biomasse, géothermie) à des prix plus élevés et déterminés par l’État. Cette mesure, ayant pour objectif de favoriser une dynamique industrielle dans les renouvelables fonctionne déjà :  il y aurait en construction ou en projet plus de 100 parcs photovoltaïques sur l’archipel nippon.

Les énergies renouvelables ne représentent aujourd’hui au Japon que 2% de la production totale (hors hydraulique) … l’effort doit donc être poursuivi. Non par la population, déjà déterminée. Mais par les pouvoirs politiques !

Opacité, manque de dialogue, manque de décision politique … ça vous rappelle quelque chose non ?

France/Japon : Au pays du mensonge

Deux pays, deux exemples de lobby du nucléaire, deux sources de mensonges des gouvernements : le Japon et la France :

Fukushima : une catastrophe d’origine humaine, pas naturelle

La Commission indépendante d’experts nucléaires a rendue le 5 juillet 2012 son rapport d’enquête sur Fukushima.

Cette commission, chargée par le parlement japonais de déterminer les circonstances de la catastrophe nucléaire qui a commencée le 11 mars 2011, a publié un rapport accablant de 641 pages. Elle  est composée de dix experts, sismologue, avocats, médecins, journaliste scientifique, professeurs.

Une enquête menée sans compromis

La commission a mené un travail de recherche approfondie, avec des entretiens auprès de 1 176 personnes, pendant plus de 900 heures lors des 6 derniers mois…

Des responsables sont clairement désignés : TEPCO, mais aussi le manque de réactivité des agences gouvernementales japonaises. Le rapport souligne et étudie également les aspects culturels, pointant l’extrême respect et la soumission à l’autorité inhérent à la culture japonaise.

La Commission d’experts était dirigée par Kiyoshi Kurokawa, ancien président du Conseil Scientifique Japonais, qui a écrit, dans le rapport que la fusion “ne peut être considérée comme une catastrophe naturelle. Ce désastre est humain, car il aurait pu et aurait du être prévu et évité.” Le rapport ajoute que “les causes directes de la crise étaient toutes prévisibles, bien avant le 11 mars 2011.”.

Les membres de la commission écrivent, dans leur rapport, que “[la catastrophe] a été le résultat de la collusion entre le Gouvernement japonais, les régulateurs et TECPO, ainsi que du manque de gouvernance de ces instances. Nous en concluons que l’accident est d’origine humaine. Les causes profondes étaient organisationnelles“. Le rapport blâme tout particulièrement l’opérateur TEPCO pour avoir failli dans sa mission à renforcer, améliorer les capacités de résistances de la centrales face à une catastrophe naturelle, et critique également la NISA (Agence du sûreté nucléaire japonaise) et le METI (ministère de l’économie et de l’industrie japonais) pour avoir échoué dans leur mission de contrôle.

“Une arrogance impardonnable”

La Commission pointe qu’en 2006 la NISA avait ordonné des travaux d’amélioration dans le système anti-sismique de la Centrale de Fukushima  Daiichi.  TEPCO a volontairement ignoré cette directive et l’autorité de contrôle n’a pas fait de suivi, auprès de l’opérateur, ne contrôlant pas la mise en oeuvre de sa demande. La commission a relevé une ignorance et une arrogance impardonnable pour toute personne ou toute organisation travaillant dans le domaine du nucléaire. Nous avons découvert un mépris pour la sécurité du public.” peut on ainsi lire dans le rapport.

Rappelons que la catastrophe a contraint 150 000 personnes à quitter leur maison, en plus de libérer des quantités importantes de substances radioactives à des kilomètres autour de la centrale.

De manière significative, le rapport de la Commission remet en question les assertions de TEPCO selon lequel l’accident et la situation de criticité des réacteurs de Fukushima sont dûs au Tsunami qui avait suivi le séisme de magnitude 9…

Un positionnement jugé faux par les experts : selon eux, Tepco a mal évalué la probabilité d’un tsunami de cette envergure et n’a pas pris les dispositions nécessaires, alors que cette éventualité avait été testée ! En 2008, Tepco avait simulé un tsunami de plus de 15 m de haut, dont les vagues atteignaient la centrale Fukushima. Aucune initiative n’a toutefois été prise par la suite, car ils ont jugé peu probable qu’une telle catastrophe survienne, précisent les experts.  “il est impossible de limiter la cause directe de l’accident au tsunami, sans preuve de fond. La commission estime qu’il s’agit d’une tentative d’éviter la responsabilité en mettant tout le blâme sur le [tsunami] inattendu. ” écrit la Commission.

Un Gouvernement qui a failli à sa mission de protéger les citoyens !

Le rapport a également critiqué l’incapacité du gouvernement à gérer efficacement la crise après l’accident : pour les experts “les gouvernements passés et en place à ce moment-là, ont failli à leur devoir de protéger la vie des gens et la société“. Par exemple, dans les jours qui ont suivi la catastrophe, un porte-parole du gouvernement a déclaré que les évacuations ont été engagées “juste au cas où”, plutôt que d’informer les résidents des dangers réels à la suite de grands panaches radioactifs. La Commission déplore également une mauvaise communication, tant entre les techniciens qu’entre les autorités. Ces dernières ont d’ailleurs rapidement été blâmées pour avoir tardé à révéler la gravité de la situation et à évacuer les zones touchées.

Ce rapport soulève ainsi des questions de fond, que tout pays nucléarisé doit se poser en toute transparence. Il montre à quel point des changements radicaux sont nécessaires et doivent être engagés, sur la responsabilité, l’encadrement, et la nécessité de contrôle de l’industrie nucléaire par des autorités … INDÉPENDANTES !

L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a publié aujourd’hui son Inventaire national 2012 des matières et déchets radioactifs, dont il existe même une version “interactive”

A la lecture du dossier de presse, et au regard de l’interprétation qu’en ont fait certains médias (voir l’article du Figaro : La sortie du nucléaire coûtera très cher en déchets)  il parait absolument essentiel de faire une rapide mise au point, ou en tout cas, d’aider l’Andra dans sa volonté “d’être une source d’informations précises pour le citoyen”

Vous avez dit déchets ?

Dans son dossier de presse, l’Andra propose une série de questions / réponses, qui aborde notamment cette question : “Quel impact l’arrêt du traitement des combustibles usés aurait-il sur les volumes de déchets et sur leur stockage ?“.

L’Andra répond à la question : “En cas d’arrêt du traitement, les combustibles usés seraient eux-mêmes considérés comme des déchets. Cela concerne tous les types de combustibles usés (dont le MOX par exemple) aujourd’hui entreposés dans l’attente d’une valorisation future. Les quantités de combustibles usés qui seraient à prendre en compte représenteraient un volume de colis de stockage de l’ordre de 90 000 m3.

Oui mais …

Aujourd’hui seuls 4% des combustibles usés sont considérés comme des déchets et sont pris en compte dans l’inventaire de l’Andra. Ainsi, 96% des combustibles usés échappent à la définition de déchet et sont considérés comme des “matières valorisables”. La loi française prévoit en matière nucléaire qu’”un résidu issu d’un process de production pour lequel une utilisation future est envisagée n’est pas un déchet”.

La recherche sur une filière de 4ème génération (Astrid) supposée fonctionner avec du plutonium et de l’uranium appauvri (les 96% restants) dans un futur plus ou moins lointain (à noter que superphénix était déjà supposé fonctionner avec de tels matériaux) fait sortir ces 96% de la qualification de déchets nucléaires et donc de l’inventaire officiel de l’Andra. Oui, vous aurez noté la somme de conditionnel dans cette phrase….

Les 10 000 m3 annoncés par l’Andra sont donc en réalité les déchets vitrifiés (4% des combustibles usagés). Et si on compare ce chiffre au chiffre de déchets vitrifés dans un scénario de sortie du nucléaire il est de 3500 m3 … oui, c’est donc beaucoup moins.

Comment on arrive à 90 000m3 de déchets avec une sortie du nucléaire dans ces conditions, comme le suggère l’Andra dans ses “questions / réponses” ?

Tout simplement parce que l’Andra considère que la sortie du nucléaire serait couplée avec l’arrêt du retraitement qui ferait comme par magie augmenter le volume de déchets. Remettons les choses dans leur contexte : aujourd’hui, seule une partie du plutonium (qui ne représente qu’1% du volume total des combustibles usagés) est utilisée pour fabriquer du MOX, qui lui, n’est pas recyclable. Le HCTISN a publié un rapport en 2010 qui affirmait que le retraitement ne permettait pas d’économiser de ce fait plus de 12% d’uranium frais. De leur côté les ONG annonce moins de 2,5%…

C’est en réalité l’abandon de la 4ème génération (Astrid, petite fille de Superphénix), ou la démonstration de l’incapacité technique à faire fonctionner un réacteur en surgénération qui amènerait à une nécessaire requalification juridique du déchet nucléaire et donc à une hausse du volume de ces déchets.

Donc ces déchets existent bel et bien aujourd’hui, ils ne sont pas recyclés puisque moins de 1% est utilisé pour faire du MOX et une seule centrale utilise de l’URE (uranium de retraitement appauvri réenrichit en Russie), celle de Cruas-Meysse

La différence de chiffres de 90 000 m3 à 10 000 m3 réside donc dans le fait que ces déchets qui sont aujourd’hui appelés “matières valorisables” et sont entreposés sur les sites d’Areva (principalement La Hague) en attendant qu’un jour, peut être, ils soient potentiellement utilisés, rentreraient alors dans l’inventaire officiel de l’Andra.

Le risque principal ne réside donc pas dans la sortie du nucléaire ! Mais dans les défaillances techniques de la 4ème génération, qui aboutiront à une requalification de la notion de déchets et qui posera surtout la question des coûts financiers de leur gestion.

Source : Greeenpeace 

Liens autour de Fukushima :

http://fukushima.over-blog.fr/categorie-11880730.html

http://videos.arte.tv/fr/videos/carnet_de_route_au_japon_etape_5_asakusa-3798422.html

http://videos.sortirdunucleaire.org/mot/fukushima

http://www.avaaz.org/fr/petition/Appel_urgent_pour_eviter_une_nouvelle_catastrophe_nucleaire_mondiale/?cfWvucb

Voir les dossiers de bure stop :

http://burestop.free.fr/spip/

Libérons l’énergie (2)

Plus aucune centrale nucléaire en activité au Japon : un exemple à méditer !

Depuis le 5 mai 2012 à 16h (23h au Japon), avec la fermeture du réacteur de Tomari (sur l’île d’Hokkaido), le Japon ne compte plus aucune centrale nucléaire en activité. Cet état est peut-être provisoire, mais l’archipel aura au moins apporté la démonstration qu’un pays industrialisé peut techniquement se passer de cette énergie en un an et quelques mois.

Maintenir un Japon sans nucléaire : le bras de fer entre le gouvernement et les populations

À la suite du tremblement de terre du 11 mars, plusieurs centrales nucléaires japonaises ont été mises à l’arrêt ; tout au long de l’année, d’autres ont été arrêtées pour maintenance. La population et les autorités locales s’opposent à leur redémarrage, car elles sont conscientes du risque qui continue de planer sur le Japon – un nouveau séisme ravageur n’est pas à exclure dans les prochaines années, et la situation à la centrale de Fukushima Daiichi reste très préoccupante, bien loin de toute « reprise de contrôle » contrairement à ce que voudrait faire croire Tepco, en particulier en ce qui concerne la piscine du réacteur n°4 [1]. .

Avec l’arrêt de Tomari, le Japon pourra enfin dire au revoir au nucléaire… même si cet arrêt risque d’être provisoire. Déjà, le gouvernement prévoit de remettre en fonctionnement deux réacteurs de la centrale d’Ohi, dans la préfecture de Fukui, bien que ceux-ci n’aient pas fait l’objet de travaux pour améliorer leur sûreté. Le Premier Ministre espère pour cela obtenir l’approbation des autorités locales d’ici juillet prochain. C’est sans compter sur l’opposition de la société civile japonaise. Plusieurs militants mènent actuellement une grève de la faim devant la centrale d’Ohi et  le Ministère de l’Industrie pour que le Japon reste sans nucléaire ; parmi eux, des moines, des femmes de Fukushima, et des intellectuels comme le reporter indépendant Satoshi Kamata, un des initiateurs de la pétition internationale « Adieu au nucléaire ».

Un Japon sans nucléaire, ça peut marcher !

Pour justifier le redémarrage des centrales, le gouvernement et les opérateurs électriques prétextent une pénurie d’électricité imminente, les consommations les plus importantes ayant lieu l’été. Selon le gouvernement japonais, le déficit pourrait atteindre 9 % lors des pics de consommation d’électricité ; selon Kepco (Kansai Electric Power, la société qui exploite la centrale d’Ohi), il pourrait même avoisiner les 16 % dans la région du Kansai. Cependant, pour les associations, ces chiffres ne tiennent pas compte des économies d’électricité réalisables. Pour Aileen Mioko Smith, porte-parole de l’ONG Green Action Japan, les firmes surestiment la consommation estivale à venir et le Japon pourrait passer l’été sans réacteurs et sans pénurie, avec même un supplément d’électricité de 3,5 % [2] !

Cette fermeture définitive des réacteurs pourrait constituer le point de départ pour une politique énergétique d’avenir pour le Japon. Déjà, en 1999, une étude montrait la voie pour la dénucléarisation de l’archipel. Ainsi, selon une étude récente de Greenpeace, un Japon sans nucléaire en 2012 pourrait d’ici 2020 produire 43 % de son électricité à partir des énergies renouvelables, et réduire de 25 % ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, respectant ainsi ses objectifs internationaux.

Le volontarisme et les économies d’énergie portent leurs fruits

Avant le 11 mars 2011, le nucléaire représentait 28 % de la production d’électricité japonaise. Pour faire face aux arrêts successifs des réacteurs nucléaires pendant l’année écoulée, le Japon a certes recouru à des importations de combustibles fossiles et à des délestages sélectifs [3] ; mais on peut aussi souligner qu’une partie de l’effort a été réalisé grâce aux économies d’énergie. Dès le printemps 2011, des mesures volontaristes ont été adoptées, aboutissant à réaliser 15 % d’économies d’électricité dans les entreprises. Dans la vie de tous les jours, des mesures de sobriété ont été mises en œuvre, dont certaines relevaient du simple bon sens : réduire en partie le (sur)éclairage public, réduire la climatisation et assouplir les codes vestimentaires imposés aux salariés par leurs employeurs, arrêter certains escalators et portes automatiques, supprimer l’éclairage des distributeurs de boissons [4]… Grâce à toutes ces mesures, la pointe de consommation a baissé de près de 18 % sans désagrément majeur pour la population.

Comme nous le montre le Japon, ainsi que d’autres exemples internationaux [5], des mesures volontaristes et simples d’économies d’énergie pour supprimer les consommations inutiles permettent de réduire très rapidement la consommation d’électricité, et donc le nombre de réacteurs nucléaires en activité. Il serait bon que les futurs dirigeants français, qui ne prévoient au mieux que la fermeture de Fessenheim pour les 5 années à venir, tirent de l’exemple japonais les leçons qui s’imposent. N’attendons pas une catastrophe nucléaire pour mettre en œuvre ces mesures en France !