Agriculture : rapport de Greenpeace

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Dystopia A.Brunet

Agriculture : changer de modèle pour nourrir tout le monde

Ancrée dans l’inconscient collectif : l’idée selon laquelle l’agriculture écologique ne pourrait pas nourrir le monde. Nous pensons au contraire qu’elle est la solution, la seule alternative pour sortir d’un modèle agricole destructeur qui ne répond plus aux besoins d’aujourd’hui. Nous publions un rapport qui démontre en 7 principes-clé que l’agriculture écologique peut nourrir la planète tout en replaçant l’humain au centre du système alimentaire.

Il faut cesser de nous faire croire que produire plus permettra d’éliminer la faim dans le monde. La situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui est hautement plus complexe et paradoxale. Selon l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture, à l’heure actuelle, 1,5 milliards d’adultes sont en surpoids, 30% de la nourriture est gaspillée et un milliard de personnes souffrent de famine.

La solution n’est pas de produire plus, mais de produire là où il faut, avec des méthodes qui respectent notre environnement. Le système agricole actuel est tout simplement incapable de relever ce défi.

Nous produisons aujourd’hui plus de nourriture que jamais

Quantitativement, la nourriture produite aujourd’hui peut largement nourrir une population de 7 milliards de personnes. Le problème réside dans le fait que dans certaines régions de la planète, trop de nourriture est produite pour être ensuite gaspillée (les pays industrialisés par exemple). Alors que dans d’autres, comme les pays en développement, les rendements agricoles sont si bas que les agriculteurs eux-mêmes peinent à se nourrir.

Il est impossible d’imposer un système agricole standardisé dans toutes les régions du monde, indépendamment de leurs caractéristiques. De nombreux scientifiques estiment que la solution à apporter à ce problème de répartition doit être spécifique à chaque pays.

Prenons l’exemple de l’Asie ou de l’Afrique, où les rendements sont particulièrement bas. Dans ces régions du monde, l’amélioration des rendements des cultures pertinentes sur le plan nutritionnel est nécessaire, vitale même. Vitale pour la production alimentaire, mais aussi pour la santé humaine et pour la survie des agriculteurs qui vivent de ces productions. Et nous savons que la pratique de l’agriculture écologique dans ces régions pourrait augmenter les rendements de 80% !

S’entêter dans une augmentation frénétique des rendements agricoles dans toutes les régions du monde n’a pas de sens. Il faut opter pour des solutions locales et ciblées pour ne plus avoir 1 milliard de personnes souffrant de la faim face à 30% de nourriture gaspillée comme cela est le cas aujourd’hui.

Consommer et produire autrement

Un premier axe d’amélioration repose sur une baisse de la consommation de protéines animales (viande et produits laitiers), qui permettrait alors de réduire le détournement des cultures pour l’alimentation animale. Le choix d’une alimentation divisée par deux en protéines animales pourrait permettre de dégager assez de nourriture pour deux milliards de personnes supplémentaires.

Un deuxième axe d’amélioration (et pas des moindres) repose bien évidemment sur la réduction du gaspillage alimentaire. Aujourd’hui, le gaspillage des denrées alimentaires est considérable ; principalement dû aux pertes après récoltes dans les pays en développement (produits non adaptés à la transformation, problèmes de stockage, rejets pendant les opérations de récolte…) et aux déchets produits par les consommateurs et les distributeurs dans les pays industrialisés.

L’agriculture écologique, en s’appuyant sur la biodiversité (rotation des cultures, polycultures…) constitue un moyen efficace d’augmenter les rendements dans les régions qui en ont besoin. Au niveau mondial, l’agriculture écologique pourrait en moyenne produire 30% plus de nourriture par hectare que l’agriculture conventionnelle. Il suffit de lui laisser sa chance.

Greenpeace

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Beluga

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Dans le cadre de sa tournée sur le Rhin et la Moselle, débutée le 26 avril devant la centrale de Fessenheim, le Beluga II a fait escale, à Bâle, Vieux-Brisach et Strasbourg.

Ce sont plus de 4 000 visiteurs, qui, jusqu’ici, sont montés à bord du voilier, pour visiter l’exposition sur le risque causé par les réacteurs nucléaires vieillissants en Europe et la nécessité d’engager la transition énergétique. À Strasbourg, pendant 4 jours d’escales, 1200 citoyens se sont mobilisés, signant notre appel à sortir du cercle vicieux du nucléaire périmé.

Greenpeace 2014

Greenpeace vs Poutine

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SAVE THE ARCTIC –
LIBÉREZ NOS ACTIVISTES

Le 18 septembre au matin, deux activistes de Greenpeace International ont été arrêtés alors qu’ils protestaient contre les projets de forages en Arctique sur une plateforme de Gazprom, la Prirazlomnaya, en mer de Pechora. Ils ont été détenus sur un bateau des autorités russes pendant une nuit, sans que les charges retenues ne soient clairement énoncées, et sans représentant légal.

Le jour suivant, 19 septembre, la garde russe a, de manière totalement illégale, abordé le navire de Greenpeace, l’Arctic Sunrise, alors qu’il se trouvait en dehors des eaux territoriales russes et a arrêté 30 membres d’équipage, sous la menace d’armes à feu. Tous les membres d’équipage ont été détenus sur le bateau, sous la surveillance de gardes armés, pendant que l’Arctic Sunrise se faisait remorqué jusqu’à Mourmansk. Une fois parvenus à destination, l’équipage a été conduit dans des centres de détention, où ils sont retenus et interrogés par les autorités russes. Nous demandons la libération immédiate de nos activistes et membres d’équipage, le retrait des forces russes de notre bateau, et un arrêt des forages en Arctique.

Pétition :

http://www.greenpeace.org/france/fr/getinvolved/free-our-activists/

L’illusion énergetique

Agiter des peurs

Péril sur les emplois

Henri Proglio, PDG d’EDF, a déclaré, le 9 novembre 2011, dans un entretien au Parisien-Aujourd’hui en France, que sortir du nucléaire signifierait « mettre un million d’emplois en péril« .

Selon l’UNIDEN (Union des industries utilisatrices d’énergie) en 2011 : une sortie du nucléaire entraînerait à court terme la perte de 2 millions d’emplois.

L’étude repose sur un décompte du nombre d’emplois directs dans le secteur, auxquels est ajouté un calcul approximatif du nombre d’emplois indirects et induits. L’étude suggère qu’à terme, l’intégralité des emplois de ces entreprises disparaitrait.

Des chiffres très inquiétants ? Ils sont surtout approximatifs.

Difficile, en effet, de vérifier l’authenticité de tous ces chiffres qui diffèrent d’une source à l’autre… L’audit des emplois du nucléaire en France n’a pas fait l’objet d’une étude précise ou spécifique.

Pour d’autres observateurs par exemple, le nombre d’emplois dans le nucléaire est nettement inférieur. PWC, Greenpeace et le CNRS-CIRED ont ainsi mené des études qui tendent à relativiser le nombre d’emplois directs dans le nucléaire et la destruction réelle d’emploi à considérer.

Par exemple, les emplois directs du nucléaire représentent entre 55 000 et 120 000 emplois selon les estimations de Greenpeace et de PWC. EDF de son côté communique sur le chiffre de 150 000 emplois directs dans le nucléaire, ce qui représente une hypothèse haute.

Les emplois indirects ne vont pas se volatiliser !

Autre élément surprenant : EDF estime que les quelque 250 000 emplois indirects et induits disparaîtraient et que 500 000 emplois des entreprises (grandes consommatrices d’électricité) seraient détruits ou délocalisés (l’UNIDEN, monte ce chiffre à 2 millions d’emplois !). Disons-le, même si cela parait évident : les emplois indirects et induits, pour une grande partie, ne dépendent pas du mode de production. Le boulanger vend du pain aux employés du nucléaire comme à ceux du solaire ; et parmi les 19 métiers de l’industrie éolienne, plus de la moitié sont communs entre l’éolien et le nucléaire (source annuaire du SER).

Enfin, Henri Proglio suggère que 100 000 emplois ne seraient pas créés dans la filière nucléaire dans les prochaines années si la France décidait de fermer des réacteurs. Pourtant, depuis la fin des années 90, les ventes et constructions de réacteurs sont devenues très rares en France et dans le monde. Greenpeace et l’association négaWatt ont évalué en revanche que 100 à 150 000 emplois directs pouvait être créés (net) d’ici 2020 dans la production d’énergie par le développement des renouvelables, en plus des quelques 100 000 existants.

Ma facture d’électricité va exploser

Petite revue de presse qui fait peur : Sortie du nucléaire : le patron du CEA évoque un coût astronomique (Le Parisien-Aujourd’hui en France) Le PDG d’EDF, Henri Proglio, a estimé qu’une sortie du nucléaire en France entraînerait un doublement des prix de l’électricité (20 Minutes)

Ajoutons à ces déclarations choc dans les médias, l’affirmation partagée par tous les promoteurs de l’énergie nucléaire : « Le nucléaire ne coûte pas cher… »

Mais la réalité, c’est que la facture d’électricité des Français va malheureusement encore augmenter, quoiqu’il arrive : que l’on maintienne la part importante du nucléaire en France ou que l’on s’oriente massivement vers la transition énergétique.

Car d’importants investissements vont devoir être effectués et il faudra choisir entre : financer la prolongation de durée de vie des centrales nucléaires vieillissantes, financer les prolongements du chantier de l’EPR, financer la gestion de déchets nucléaires millénaires… ou un investissement massif dans les renouvelables ET les économies d’énergie.

Énergies renouvelables et énergie nucléaire sont en effet incompatibles : elles nécessitent des systèmes électriques différents, une gouvernance différente, un modèle économique différent. Il faut donc choisir : un euro dépensé ne pourra l’être sur les deux options à la fois.

Sauf que, pour une facture d’un même montant, vous pouvez soit continuer à vivre avec le risque d’un accident nucléaire et un volume croissant de déchets radioactifs, soit choisir un futur plus sûr et plus respectueux de l’environnement.

Sur www.mafacturedufutur.com, vous pouvez comparer et choisir entre deux factures annuelles moyennes estimées en 2017 : celle du maintien du nucléaire ou celle du scénario de transition énergétique de Greenpeace.

Menace sur le blackout et l’indépendance de la France

Les arguments présentés ici par l’industrie sont de deux ordres : l’un pour justifier le tout nucléaire, garant de la fameuse « indépendance énergétique du pays ». Le second est le risque de « blackout » si l’on passe aux énergies renouvelables…

Reprenons, dans l’ordre. L’indépendance énergétique de la France est devenue, depuis les années 70 un Graal politique et économique. Mais les chiffres sont loin, très loin de cette idée d’une énergie 100% made in France.  Aujourd’hui, la France importe 98% de son pétrole, principalement pour les transports. Le nucléaire est le résultat de l’importation de 100% d’uranium, combustible de base des centrales, depuis des pays comme le Niger ou le Kazakhstan.

En février 2012, la France, pourtant au tout nucléaire, a frôlé le blackout. La consommation d’électricité a franchi un nouveau pic historique avec 101 600 mégawatts (MW) constatés par la filiale d’EDF chargée du transport d’électricité, RTE. Des performances qui augmentent d’année en année : depuis février 2005, pas moins de dix records ont été battus. La France est devenue le pays le plus thermosensible d’Europe. Et de loin. Chaque fois que la température baisse d’un degré Celsius, la consommation électrique hexagonale augmente de 2 300 MW.

Dans un véritable plan de transition énergétique, les projections sont très différentes : la transition énergétique c’est, à terme, 96% de l’électricité consommée qui est produite en France, sans importation de ressources primaires (uranium, gaz, pétrole, charbon).

La transition énergétique, c’est la baisse du pic de consommation, par l’isolation thermique des logements et le retrait des « grille-pains », ces chauffages électriques inefficaces qui viennent plomber la facture des consommateurs et le réseau électrique. C’est donc moins de besoin d’importer l’hiver, un réseau en France plus simple à gérer et moins coûteux (cf. UFC que choisir)

Et la « variabilité » de la disponibilité des renouvelables direz-vous ? Celle-ci n’est pas une fatalité. Une des forces des scénarios de transition comme ceux de négaWatt ou Greenpeace par exemple, est d’avoir répondu à cette problématique en remettant au goût du jour des technologies industrielles comme l’électrolyse ou la méthanation. (voir l’article détaillé sur le site Enerzine).

Integralité du dossier de Greenpeace :

http://energie-climat.greenpeace.fr/mais-qui-sont-les-decideurs-de-lenergie-en-france?__utma=1.645518703.1372837798.1372837798.1373466177.2&__utmb=1.8.9.1373466235031&__utmc=1&__utmx=-&__utmz=1.1373466177.2.2.utmcsr=martialbrunet.wordpress.com|utmccn=(referral)|utmcmd=referral|utmcct=/&__utmv=-&__utmk=237373824

Rapport de l’ACRO

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Déchets nucléaires, le cauchemar continue

Ce matin, l’ACRO (association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest) laboratoire indépendant, a publié un rapport sur la qualité radiologique des eaux souterraines au droit du Centre de Stockage de la Manche (CSM). Le contrôle des rejets du centre de stockage est en effet un élément essentiel de la surveillance du site …

Les conclusions de ce rapport sont accablantes : le centre de stockage de déchets nucléaires de la Manche présente des fuites qui polluent la nappe phréatique dans des proportions largement supérieures aux chiffres publiés par l’Andra (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). Lire l’intégralité du rapport de l’ACRO

Les déchets stockés dans ce centre laissent du tritium (élément radioactif) se déverser dans le sol. La pollution en tritium des nappes phréatiques a pour point de départ une contamination massive des eaux souterraines et superficielles survenue en 1976. Mais l’ACRO note dans son rapport que la pollution n’a pas encore disparu. Si elle a globalement diminué, la contamination des eaux souterraines peut encore atteindre 150 000 Becquerels/Litre dans certaines zones.

Or, cette contamination aurait du baisser si l’on considère la décroissance logique de la radioactivité et le renouvellement des eaux. On ne peut donc pas exclure que le CSM continue à alimenter les nappes phréatiques en tritium.

Dans la Manche, des déchets classés faiblement radioactifs

Les déchets stockés dans la Manche font partie de la catégorie des faiblement radioactifs et ayant une durée de vie courte.

Dans la classification de l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), les déchets de faible et moyenne activité à vie courte sont essentiellement des déchets liés à la maintenance (vêtements, outils, gants, filtres…) et au fonctionnement des installations nucléaires (traitements d’effluents liquides ou gazeux). Ces déchets sont également issus de laboratoires de recherche, d’hôpitaux, d’universités… ou d’opérations d’assainissement et de démantèlement. Après avoir été stockés au Centre de stockage de la Manche, aujourd’hui fermé et surveillé par l’Andra, les déchets FMA-VC sont accueillis dans un centre exploité par l’Andra dans le département de l’Aube depuis 1992. Plus de 10 000 m3 y sont stockés chaque année.

Malgré cette classification, le rapport dévoilé par l’ACRO aujourd’hui pointe une terrible évidence : l’Andra n’arrive pas à gérer ces déchets sur quelques dizaines d’années !

classification des déchets radioactifs - (c) Andra

classification des déchets radioactifs – (c) Andra

Déchets nucléaires : un problème insoluble

L’industrie nucléaire est aujourd’hui dans l’incapacité à résoudre le problème des déchets. Les solutions proposées, à commencer par les centres de stockage ont prouvé leur inefficacité, voire pire, leur dangerosité. Dès lors, nous ne pouvons que dénoncer le débat organisé sur le centre de stockage de Bure : comment discuter sereinement d’un projet de stockage des déchets les plus fortement radioactifs qui nous engagerait sur des milliers d’années ? Avant même de parler de Bure, essayons de régler les problèmes que nous avons déjà !

Greenpeace suspend sa participation au débat public sur le projet CIGEO – Bure tant que les autorités n’auront pas présenté un plan d’action satisfaisant pour résoudre les problèmes dénoncés par l’Acro au centre de stockage de la Manche : reprise, tri et reconditionnement des déchets ainsi que décontamination de la nappe phréatique et du site.

Les déchets, tabou du nucléaire

Les déchets sont le point faible du nucléaire, son talon d’Achille : l’industrie nucléaire jouit d’une image “fascinante” pour le public. Pour beaucoup, l’énergie atomique est une prouesse scientifique nationale incroyable, le fleuron du “made in France”. C’est ainsi que la présente les responsables politiques et industriels … Mais la question des déchets fait tâche dans la toute puissance de l’atome. Car aucune solution acceptable n’existe.

Nous savons que la seule solution possible pour les déchets nucléaires est d’arrêter d’en produire.

Fermez-les !

Ce matin à l’aube, des activistes ont projeté un immense message sur la centrale nucléaire de Fessenheim (Alsace).  Le message ?  “Pourquoi seulement moi ?“.

Cette action accompagne la publication d’un rapport qui révèle et analyse les cinq centrales nucléaires françaises à fermer en priorité : Blayais, Bugey, Fessenheim, Gravelines et Tricastin.

(c) Nicolas Chauveau / Greenpeace photo : (c) Nicolas Chauveau / Greenpeace

Dans la Manche, plus de radioactivité qu’à Fukushima ?

Par Simon Gouin (29 mars 2013)

Y-a-t-il plus de tritium – de l’hydrogène radioactif – dans les eaux de la Manche que dans celles du Pacifique, à proximité de la centrale de Fukushima ? C’est ce qu’affirme l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO), qui a mesuré, le 17 octobre 2012, une concentration en tritium de 110 becquerels par litre d’eau dans la baie d’Ecalgrain. A quelques pas de de l’usine Areva de La Hague, dans la Manche.

Une quantité anormale : l’ACRO relève habituellement moins de 27 becquerels par litre d’eau. « En dix ans de surveillance mensuelle à Goury (ndlr : au cap de la Hague), de 1998 à 2007, l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire ) n’a jamais mesuré de concentration supérieure à 33,3 Bq/L »,  écrit l’association dans son communiqué. L’ACRO rappelle également que la concentration naturelle de tritium est de l’ordre de 0,1 Bq/L.

Parmi les mesures qu’elle effectue régulièrement, l’entreprise Areva, qui exploite le site de la Hague, dit n’avoir rien remarqué d’anormal. Ses installations nucléaires rejettent des effluents liquides radioactifs directement dans la mer, au large. Une pratique encadrée par des autorisations spécifiques. L’idée est de diluer ces liquides radioactifs dans les eaux de la Manche, afin de les rendre inoffensifs. Peu importe que les rejets radioactifs se déplacent ensuite, au gré des courants, le long des côtes de la Basse-Normandie.

« Les seules usines de retraitement d’Areva à La Hague (Manche) et de Sellafield (sa cousine anglaise) constituent le rejet radioactif le plus important au monde résultant d’une activité humaine, indique Greenpeace. L’organisation environnementale cite un rapport réalisé en 2001 pour le compte du Parlement européen, qui conclut que ce rejet est équivalent à un accident nucléaire à grande échelle chaque année. « Plusieurs études ont d’ailleurs établi une recrudescence statistiquement importante de leucémie dans la région de La Hague », ajoute l’ONG.

Mais pour le chef de l’Autorité de sûreté nucléaire, Simon Huffeteau, le taux de tritium mesuré par l’ACRO n’est pas inquiétant. « C’est une valeur qui est ponctuelle, qui ne représente pas d’enjeu sanitaire », explique-t-il. Une valeur ponctuelle pourtant largement supérieure aux mesures effectuées début mars, dans les eaux du Pacifique à proximité de Fukushima (13 Bq/l) et au large (3 Bq/l). Que s’est-il donc passé à la Hague, s’interroge l’ACRO ?