Luttes des semences

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22.11.2013 Mercredi 20 novembre, les sénateurs ont démarré leurs travaux, sur l’examen de la loi « tendant à renforcer la lutte contre la contrefaçon », en réaffirmant tous leur soutien inébranlable aux droits des agriculteurs d’utiliser les semences issues de leur propre récolte. Quelques minutes plus tard, ils reniaient leur engagement en votant une loi demandant aux douanes de poursuivre ces mêmes agriculteurs pour contrefaçon. Seuls 20 d’entre eux n’ont pas voulu suivre le gouvernement qui a osé affirmer que la loi sur les certificats d’obtentions végétales (COV*) de 2011 « légalise les semences de ferme ». Cependant, ladite loi COV* légalise soit leur interdiction pour la majorité des espèces cultivées soit leur taxation pour 21 espèces de cultures agricoles dérogatoires.

Tous les agriculteurs qui utilisent des semences de ferme sont ainsi des contrefacteurs, en dehors des producteurs de blé tendre qui se voient prélevés les royalties lors de la livraison de leur récolte.

Jeudi 21 novembre, les mêmes sénateurs ont voté un accord international sur le brevet qui fait à son tour de tout agriculteur qui utilise ses propres semences un contrefacteur dès que ses cultures sont contaminées par des gènes brevetés ou contiennent naturellement un gène protégé par un brevet. Il en est de même des éleveurs si les animaux qu’ils reproduisent sont porteurs de gènes brevetés et des agriculteurs qui utilisent des ferment, des levures ou autres micro-organismes contenant des gènes brevetés.

Avant d’être élu, le Président de la République avait pourtant déclaré qu’il convenait de revenir sur la loi COV* de 2011. Le gouvernement a été plus lent que les sénateurs pour renier cet engagement puisque ce n’est que deux ans après qu’il a déclaré la soutenir. Va-t-il maintenant saisir les récoltes et les productions de tous les agriculteurs contrefacteurs comme le lui demande la loi votée par le sénat ? Ou bien va-t-il enfin revoir la question lors de l’examen début 2014 de la Loi d’Avenir Agricole comme il en a évoqué la possibilité ?

Les majorités changent et les promesses non tenues sont les mêmes, à moins que l’Assemblée Nationale ne redresse l’honneur du Parlement. Les paysans et les citoyens jugeront sur les actes. La Confederation paysanne.

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Maisons de semences paysannes

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Des maisons de semences paysannes pour se libérer de l’agrobusiness

C’est un mouvement mondial : du Brésil à la Grèce, en passant par le Périgord, des maisons et des banques coopératives de semences se multiplient. L’objectif : libérer les agriculteurs des droits de propriété imposés par l’industrie semencière, ne dépendre ni des OGM ni des pesticides, et cultiver la biodiversité. Plus de 300 paysans de quinze pays sont venus témoigner en France de leurs expériences collectives en faveur de la souveraineté alimentaire.

« Il faut nous organiser pour récupérer toutes les semences qui sont dans les banques de gènes et remettre ce trésor entre des mains sures, celles des paysans ». Au milieu d’une centaine de variétés de maïs, en plein cœur de la Dordogne, Bertrand Lassaigne raconte l’histoire de la première maison de semences paysannes en France. Installé depuis 20 ans près de Périgueux, Bertrand cultive principalement des céréales et des protéagineux – maïs, céréales à paille, soja, lentilles… Peu à peu, il développe son autonomie en semences et parvient en moins de dix ans à autoproduire la quasi-totalité de ses cultures, sauf en maïs où il continue chaque année d’acheter de la semence non reproductible qualifiée d’hybrides.

En 1999, une rumeur circule parmi les producteurs de maïs : des semences polluées par des OGM auraient été vendues. Bertrand Lassaigne, un des rares agriculteurs à produire du maïs bio, pressent la nécessité de trouver une alternative aux semences industrielles proposées par les semenciers. C’est le début d’un long chemin pour se réapproprier des savoirs-faire perdus. Pour éviter les OGM, il part chercher des semences au Guatemala. Et ramène onze variétés de maïs qu’il sème à son retour. Mais le résultat est décevant : les variétés collectées ne sont pas du tout adaptées au climat.

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S’affranchir de l’industrie semencière

Le début du projet est laborieux. La difficulté de trouver de nouvelles variétés s’ajoute à un contexte réglementaire menaçant, qui ne permet ni la vente ni les échanges de semences [1]. Le travail de Bertrand se déroule dans une quasi-clandestinité ! Ce qui limite de facto la communication autour du projet. Mais le bouche-à-oreille fonctionne : plusieurs agriculteurs mettent à disposition « la variété de leurs aïeux ». Bertrand réalise lui-même les premiers croisements, donnant naissance à de nouvelles variétés. Au sein d’AgroBio Périgord, l’association de développement de l’agriculture biologique, Bertrand s’associe à d’autres agriculteurs et jardiniers pour créer la Maison des Semences Paysannes.

Onze ans plus tard, les résultats sont là. Leur maison de semences [2] compte plus d’une centaine de variétés de maïs adaptées aux conditions de l’agriculture biologique. Souvent plus riches en protéines, les variétés sélectionnées sont moins exigeantes en eau et plus résistantes aux maladies que les semences industrielles. Surtout, elles peuvent être replantées d’année en année, contrairement aux semences industrielles dont les droits de propriétés contraignent l’agriculteur à racheter ses semences l’année suivante.

Dossier :

http://www.bastamag.net/article2750.html

Teikei, une alternative à l’agriculture productiviste

Le système du Teikei s’est mis en place dans les années 1970 au Japon : Suite à de graves incidents sanitaires et environnementaux, des femmes au foyer, citadines et aisées, se sont regroupées pour acheter collectivement des aliments sains directement à des producteurs agricoles. Face à la modernisation à tout va de l’agriculture, elles souhaitaient promouvoir une agriculture qui ne rendrait ni la terre, ni personne malade. Les labels ne sont pas nécessaires, la relation consommateur/producteur est fondée sur la confiance et va bien au-delà du lien commercial. La vente est un détour pour établir des relations. Dans chaque point de vente, les femmes attendent les agriculteurs amenant les livraisons hebdomadaires en camionnette, avec un sourire et un thé. Le système est élaboré au fil des expériences, dans une structure participative où chacun intervient. Aujourd’hui, les fondateurs sont toujours membres actifs de ces réseaux. L’autosuffisance est une condition requise de l’autonomie des paysans. ICHIRAKU, père fondateur du mouvement Tekei, prêche l’esprit d’autonomie et l’entraide pour mieux vivre ensemble. La diversité est une richesse, une attention envers les autres est l’acte le plus louable pour mieux vivre ensemble. Trois principes fondent nombre de ces démarches : les prix sont fixés par les producteurs ; les consommateurs acceptent la totalité des produits récoltés ; en cas d’aléa, la perte est compensée par les consommateurs.

Liens :

http://www.liens-socio.org/Du-Teikei-aux-AMAP-Le-renouveau-de

http://www.arte.tv/fr/les-moissons-du-futur/6815836.html

Good food march

La confédération paysanne défend une agriculture paysanne répondant aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Cette forme d’agriculture favorise l’emploi et la solidarité entre paysans, crée une forte valeur ajoutée, respecte l’environnement et valorise les ressources locales.

En 2014, la PAC sera réformée et les négociations sont en cours. C’est le moment de faire entendre haut et fort notre choix d’agriculture et d’alimentation !

La PAC doit garantir un revenu aux paysans pour maintenir et redéployer des emplois directs et induits dans l’espace rural, nécessité sociale et culturelle pour l’ensemble de la société. La PAC doit soutenir la viabilité des fermes : le 1er pilier doit contribuer à maintenir les fermes, le 2e pilier doit donner la capacité aux paysans de vivre sur le territoire.

Un appel européen (au verso) est lancé par des organisations de la société civile et des organisations paysannes, dont la Coordination Européenne Via Campesina (ECVC), pour faire une marche, intitulée « Good food, good Farming – let’s march to Brussels », arrivant le 19 septembre 2012 à Bruxelles. La Confédération paysanne appelle ses militants à se joindre à ces marches confluant vers Bruxelles et à se mobiliser le 19 septembre 2012 à Bruxelles. Une réunion sur la PAC sera organisée au parlement européen pour l’arrivée de la marche.

Les paysans ont besoin de s’associer avec la société civile pour défendre l’agriculture paysanne et réclamer une réforme de la PAC 2013 à la hauteur des enjeux économiques, sociaux et environnementaux.

Nous marcherons ensemble pour une PAC, basée sur la souveraineté alimentaire, qui :

– Assure la régulation des prix, couvrant les coûts de production, et la maîtrise de la production

– Privilégie des primes plus justes et dégressives

– Soutienne significativement les productions fragilisées

– Soutienne spécifiquement les petites fermes

– Œuvre au développement rural par un soutien aux productions locales, aux marchés locaux, aux outils de transformation et aux zones défavorisées.

Maintenant, c’est à vous de jouer ! Mobilisez-vous !

N’hésitez pas à prendre contact avec vos partenaires locaux telles qu’Attac, Civam et autres membres du groupe PAC 2013 pour organiser des marches communes.

Faites-nous remonter vos idées, envies de mobilisation pour que nous vous mettions en contact avec les autres initiatives qui auront lieu !

En avant la marche pour une autre PAC !!!!!

Pour en savoir plus : http://goodfoodmarch.eu/

Ogm pesticide et cie

Epandages aériens de pesticides : nous demandons une réelle interdiction !

23 juil 2012

En 2010, la loi Grenelle II posait le principe de l’interdiction des épandages aériens, sous réserve de dérogations exceptionnelles. Deux ans plus tard, les préfectures délivrent encore de très nombreuses dérogations, si bien que sur certains territoires, l’exception devient la règle !

Haute-Garonne, Lot-et-Garonne, Gers, Loiret, etc. Ces préfectures ont autorisé les épandages de pesticides par voie aérienne sur du maïs pour l’été 2012. D’autres départements seraient en passe de les suivre, comme les Landes. En Rhône-Alpes et en Bourgogne, les dérogations sont nombreuses sur la vigne. Tous ces épandages ont lieu en ce moment même, ou se dérouleront dans le courant de l’été.
Ce mode d’application présente des risques sanitaires réels pour les riverains. Les produits susceptibles d’être utilisés comportent des matières actives cancérigènes, des perturbateurs endocriniens ou des substances entrainant un risque d’effets néfastes pour le développement prénatal de l’enfant. Et dans la majorité des cas, la distance de sécurité de 50 m n’est pas de nature à rendre ces risques acceptables, comme l’indique un rapport co-rédigé par l’AFSSE et l’INERIS en 20051.
La biodiversité est aussi touchée. Par le passé, les abeilles en ont payé le prix fort. Les apiculteurs s’inquiètent des dérives inévitables de pesticides, d’autant plus en pleine floraison du tournesol. Ces mêmes dérives préoccupent grandement les agriculteurs biologiques, qui encourent le déclassement de leurs cultures. Nos organisations demandent enfin le respect de la loi sur l’interdiction des épandages aériens. Une concertation doit être ouverte pour la révision de l’arrêté du 31 mai 2011 encadrant ce mode de traitement.

1 Lire p.78 : http://www.anses.fr/ET/DocumentsET/09_epandage_aerien_rapport_afsse.pdf

Contact :

Olivier Belval, président de l’UNAF, 06 20 06 50 40 Jean Sabench, Confédération Paysanne, responsable de la Commission Pesticides, 06 73 91 23 78 Larisssa de Kochko, Agir pour l’environnement, coordinatrice de campagnes, 01 40 31 02 37 Dominique Marion, président de la FNAB, 06 76 87 14 00 Nadine Lauvergeat, Générations futures, 06 87 56 27 54

Dossier OGM : le guide complet des produits avec OGM :

http://guide-ogm.greenpeace.fr/guide

Des nouvelles du front anti « mauvaise graine » :

http://www.bastamag.net/article2551.html

Sur Monsanto :

http://www.combat-monsanto.org/

Au Mexique :

http://www.occupy.com/article/mexican-farmers-stand-monsanto

http://otrosmundoschiapas.org/index.php

Plaquette contre les pesticides :

http://www.confederationpaysanne.fr/images/imagesFCK/file/2012/autre/pesticidesbd.pdf

Via Campesina

La Via Campesina appelle toutes les organisations paysannes du monde ainsi que ses alliées et alliés à organiser des actions au cours du mois de juin.

L’avancée du système capitaliste qui, pendant les deux dernières décennies, est arrivée à des dimensions inédites, conduit à des crises tout aussi inédites. Les crises financière, alimentaire, énergétique et environnementale sont les visages multiples de la crise structurelle du capitalisme, qui ne connaît pas de limites dans sa quête de profits. La crise structurelle actuelle, comme d’autres crises de cette sorte, touche les peuples du monde mais laisse indemnes les élites et les grandes sociétés.

Sur tous les continents, nous avons vu que, même pendant la crise, l’élan du capitalisme n’a pas diminué. Car nous constatons les accaparements illégaux des terres par des sociétés étrangères, l’avance de l’industrie extractive (minière et pétrolière), les cultures génétiquement modifiées de plus en plus présentes dans les champs, les agro-carburants, les pesticides vendues à une échelle gigantesque. En fin de compte, la crise du capitalisme ne veut pas dire que le système fait volte-face. Au contraire, c’est à ce moment précis, qu’il avance avec le plus d’intensité, parce que les entreprises profitent de la crise pour étendre leur domination aux territoires qui n’ont pas encore été conquis.

La Conférence Rio + 20 en est un exemple clair. Au lieu de rassembler les gouvernements du monde entier pour trouver de vraies solutions à la crise environnementale, cet événement servira à consolider les fausses solutions aussi bien que l’accaparement des territoires des paysannes et paysans, ainsi que des peuples premiers. A la Conférence de l’ONU, il n’y a que les intérêts des grandes sociétés qui trouveront leur place.

Afin de résister à ces intérêts et à les confronter, il est fondamental que les peuples du monde continuent à renforcer leurs organisations et leurs luttes, qu’ils élèvent leur voix et qu’ils démontrent que seulement la souveraineté populaire offre de réelles solutions.

Ainsi, en tant que Via Campesina , nous demandons à nos organisations membres et à nos alliées et alliés d’organiser et de coordonner des luttes pendant tout le mois de juin, principalement durant la Journée internationale de l’environnent, le 5 juin. De cette manière, nous démontrerons notre unité et notre force afin d’envoyer à l’avance, de partout dans le monde, un message radical aux représentants des gouvernements qui se réuniront à Rio + 20, du 20 au 22 juin, à Rio de Janeiro, Brésil.

Chaque lutte, chaque résistance, chaque territoire que nous récupérons doit être l’expression de cette unité mondiale devant l’offensive du système capitaliste contre la nature.

Parallèlement à la Conférence officielle, nous, les peuples du monde, serons réunis au Sommet des Peuples, dans un processus de construction collective et de mobilisation permanente. Au cours de la semaine du 18 au 22 juin, il y aura aussi une période de mobilisation mondiale, car notre tâche ne se situe pas seulement à Rio de Janeiro. En effet, nous devons poursuivre les luttes dans notre propre pays, particulièrement lors de la journée inaugurale de la Conférence officielle, le 20 juin. Cette période de luttes sur tous les continents devrait se répercuter à Rio de Janeiro et dans le monde entier.

Nous convoquons toutes les organisations paysannes et leurs alliée et alliés à organiser des mobilisations et des actions partout dans le monde : des marches dans les villes ou dans les campagnes; des conférences de presse; des actions pour demander la Réforme agraire et l’accès à la terre; des campagnes de communication; des programmes de radio; des mobilisations contre les entreprises responsables de la dégradation environnementale; des débats dans les écoles et les universités; des projections de films documentaires; et d’autres actions que vous organiserez collectivement chez vous.

Au moment où le capitalisme veut mondialiser davantage son système, dominer nos territoires et exploiter notre main d’oeuvre, nous devons internationaliser notre lutte. Nous allons nous organiser, préparer des actions, faire appel à nos bases et à nos alliés pour cette grande journée de lutte contre le capitalisme. La force de notre journée de luttes viendra de notre capacité de nous organiser et d’atteindre une visibilité nationale et internationale.

Nous vous demandons de nous informer de vos actions à l’adresse électronique suivante : lvcweb@viacampesina.org

Non aux fausses solutions du capitalisme vert

Pour l’agriculture paysanne!

Globalisons la lutte. Globalisons l’espoir.