Le principe d’intérêt général

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On ne détruit pas un bâtiment d’un simple coup de pelleteuse. Il faut procéder par petites entailles, ouvrir des brèches, frapper de toutes parts. Ce travail de sape fragilise la structure : un infime mouvement de l’engin peut alors provoquer l’effondrement de l’édifice. Il en va de même des entreprises de démolition sociale. Depuis les années 1970, les libéraux s’emploient à affaiblir les dispositifs organisant la solidarité nationale. Démultipliant les foyers, des universités au statut des fonctionnaires (lire « Refonder plutôt que réformer »), M. Emmanuel Macron semble parier que certains services publics, comme les chemins de fer (lire « Il paraît que les petites lignes de chemin de fer coûtent trop cher »), sont devenus suffisamment dégradés et impopulaires pour qu’il puisse tenter l’estocade au profit du marché. L’heure n’est-elle pas venue, au contraire, de fortifier le principe d’intérêt général (lire « Les fonctionnaires, voilà l’ennemi ») ?

Monde diplo avril 2018

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Les milices

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À Montpellier, des étudiants protestent suite à une attaque fasciste

Une milice d’invididus cagoulés a agressé hier des militants qui occupaient un amphithéâtre de la faculté de droit.

Ce matin, une foule compacte constituée de près d’un millier d’étudiants s’est rassemblée devant la fac de droit de Montpellier en réaction aux graves évènements survenus la nuit dernière. Aux alentours de minuit, une dizaine d’individus cagoulés ont attaqué les étudiants qui occupaient les lieux pour dénoncer la sélection à l’université introduite par la loi Vidal et soutenir le mouvement social du 22 mars. Cagoulés, armés de planches de bois, et selon certains témoignages de Taser, ils ont délogé la cinquantaine d’étudiants de l’amphithéâtre en les matraquant et les traînant au sol. Trois étudiants ont dû être hospitalisés.

Selon plusieurs témoignages, le doyen de l’université, Philippe Petel, aurait lui-même commandité l’action et concouru à sa réalisation en ouvrant la porte aux agresseurs et leur permettant de sortir des lieux sans être inquiétés. Contactée par des étudiants, la police n’a pas été autorisée à entrer sur les lieux, le doyen s’étant opposé à leur intervention. Si Philippe Petel dément être impliqué, il affirme, dans une interview donnée à France 3, être « fier de ses étudiants », qui selon lui seraient à l’origine de la démarche.

Le ministère de l’Enseignement supérieur a missionné une enquête de l’Inspection générale de l’Éducation nationale et de la recherche (IGAENR).

Ces faits interviennent dans un contexte national déjà tendu dans les lycées et universités. Le 8 mars, l’université de Bordeaux a fait intervenir les CRS pour déloger les étudiants qui occupaient un amphithéâtre. Le vendredi 16 mars, le lycée autogéré de Paris a été attaqué par une dizaine d’individus, dont certains armés de barres de fer, se réclamant du GUD (Groupe Union Défense).

Le 20 mars, l’université du Mirail, bloquée depuis plusieurs semaines, a été mise sous tutelle par le gouvernement, du jamais vu.

Une pétition demandant la démission de Philippe Petel a été mise en ligne. Une autre pétition demandant « le retour de la démocratie dans les lieux d’études » a été lancée par la France insoumise.

Politis mars 2018

22 mars 2018

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Atelier populaire mai 1968

Pour défendre un service public de qualité, notamment dans le secteur ferroviaire, sept syndicats appellent à une mobilisation massive ce jeudi 22 mars. Des grèves et des mobilisations sont prévues partout en France. Douze partis et mouvements politiques de gauche ont également lancé un appel commun. Résumé de leurs revendications et carte des mobilisations.

Sept syndicats de la fonction publique (CFTC, CGC, CGT, FAFP, FO, FSU et Solidaires) appellent à là grève et à des manifestations ce jeudi 22 mars, partout en France. En cause : les réformes que souhaite engager le gouvernement dans le secteur de la fonction publique, avec un recours massif aux contractuels – alors que les syndicats demandent leur titularisation – et la rémunération au mérite.

« Les projets du gouvernement engagent de profondes remises en cause des missions publiques et une dégradation des conditions de travail des agent-es. C’est aussi une menace réelle contre le statut général des fonctionnaires et la fin possible d’une Fonction publique au service de l’intérêt général », estime l’intersyndicale dans un communiqué. A l’inverse de ces orientations, « la qualité des services publics à rendre aux usagers sur l’ensemble du territoire, la défense de l’intérêt général, nécessitent la création d’emplois qualifiés pérennes et de qualité, une plus grande reconnaissance du travail et des missions exercées par les agent-es, une amélioration significative de leurs salaires ».

Par ailleurs, plusieurs formations de gauche (Alternative Libertaire, Europe-écologie-Les Verts, Ensemble, les députés de la France Insoumise, Géneration.s, le NPA, le PCF…) ont publié le 19 mars un appel commun. « Face à ce gouvernement, qui veut parachever la transformation d’un service public censé être guidé par l’intérêt général en une entreprise du CAC 40, les cheminots et les cheminotes ne sont comptables de rien. Pas plus que les étudiant.es qui perdent une partie de leurs APL, les retraité.es qui voient la CSG augmenter, les personnels de soins, les enseignant.es, les chômeurs.ses ou l’ensemble des fonctionnaires. Pas plus que les migrant.es qui subissent une politique indigne (…) Ils nous veulent désunis ? Nous répondons que nous serons dans la rue le 22 mars pour défendre l’accès au service public, à commencer par le ferroviaire, les cheminot-e-s, mais aussi l’ensemble des fonctionnaires et l’intérêt des usager-e-s. »

Briançon 2018

En montagne, comme en mer, les frontières se ferment, se déplacent et se reforment au gré des politiques et des pratiques des États qui cherchent à tout prix à refouler les migrants. Depuis l’été 2017, c’est dans les Alpes du Sud que les personnes passent de l’Italie vers la France. Elles trouvent à Briançon secours et chaleur humaine auprès des habitants, le temps de reprendre des forces et de poursuivre leur route.

 

 

À la veille de la journée internationale des migrants, l’association Tous Migrants et le collectif de professionnels de la montagne SOS Alpes solidaires ont organisé une cordée solidaire au col de l’Échelle. Avec pour objectif de sensibiliser le public, la presse et l’État sur les risques encourus par les personnes migrantes en haute montagne. Une mobilisation qui s’inscrit dans le cadre des États généraux des migrations lancés à Paris le 21 novembre. Reportage en image dans cette vallée solidaire avec le photographe Jean Larive de l’agence MYOP

La Cimade.

Pour les migrants, le risque de naufrage existe en mer, mais aussi sur les sommets enneigés. Depuis le rétablissement des contrôles aux frontières terrestres fin 2015, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, et depuis que la frontière franco-italienne proche de la Méditerranée est verrouillée du côté de Vintimille, les migrants tentent de rejoindre la France par les Alpes du Sud, du côté de Briançon. Même la neige n’arrête pas certains d’entre eux, qui prennent ainsi des risques pour leur vie. Deux passages sont empruntés par les migrants : le col de l’Echelle (1 760 mètres) et le col de Mongenèvre (1 850 mètres).

En mars 2016, un jeune homme d’origine malienne, s’était perdu au col de l’Echelle. Récupéré de justesse, il a cependant dû être amputé partiellement des deux pieds à cause de graves gelures. Depuis, des maraudes sont organisées par un groupe informel de citoyens constitué initialement par des guides de montagne.

Alter eco :

https://www.alternatives-economiques.fr/mortelles-randonnees-2201201882658.html

Soutien aux exilé·e·s réfugié·e·s à Paris 8 Membres de l’IRIS

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Depuis le mardi 30 janvier 2018, des exilé·e·s occupent plusieurs salles de l’université Paris 8 à Saint-Denis.

Alors qu’à Paris des centaines de personnes sont laissées à la rue chaque jour, alors que le gouvernement prévoit de durcir la reconnaissance du droit d’asile, de faciliter l’enfermement des migrant·e·s et leur expulsion, on voudrait imaginer que l’université puisse être un refuge, le lieu de ce qu’il faudrait organiser partout : l’accueil.

La mission première de l’université est sans doute l’enseignement et la recherche, et elle peut l’exercer pour tous et toutes, y compris les étudiants en situation irrégulière. Mais, sa vocation est aussi, plus largement, l’ouverture à la réflexion critique et la formation à la solidarité. Ces missions, l’université ne peut se contenter de les exercer en théorie et en paroles, elle devrait les mettre en œuvre concrètement et, à Paris 8 comme ailleurs, montrer qu’il est primordial de protéger les personnes les plus fragilisées et démunies.

Nous, membres de l’IRIS (Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux), personnels, doctorant·e·s, chercheuses et chercheurs aux prises dans notre travail quotidien avec les questions de discriminations, de domination et de marginalisation, exprimons notre soutien aux exilé·e·s réfugié·e·s à Paris 8 et à tou·te·s celles et ceux concerné·e·s au quotidien par cette occupation. Nous souhaitons que leurs revendications soient entendues et que les autorités publiques prennent maintenant leurs responsabilités.

Vacarme

 

Retour sur investissement

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Lorsqu’il se lance dans la campagne présidentielle, le ministre de l’Économie Emmanuel Macron n’a pas d’appareil partisan derrière lui. Pour atteindre les 16,7 millions d’euros qu’il a dépensés dans sa campagne victorieuse (celle de Hamon a coûté 15 millions, celle de Mélenchon 10 millions), il lui a fallu rassembler des fonds en un temps record. Pour cela, une équipe de « fundraising » a été créée à En Marche, chargée d’organiser une série d’événement avec des « gros donateurs », c’est-à-dire ceux qui donnent le maximum autorisé par la loi, 7 500 € par personne et par an. Des têtes de réseaux (surnommées dans les mails de son équipe, que Wikileaks a fait fuiter en juillet 2017, les « PP » pour « poisson pilote ») ont organisé en France mais aussi auprès des résidents français à l’étranger de nombreux dîners où chacun venait écouter le candidat et donnait un chèque en fonction du profit qu’il espérait tirer de son futur règne. Ces donateurs ont été déterminants : en mars 2017, ils représentaient à eux seuls 45 % de la collecte totale. L’équipe du candidat a préféré communiquer sur les « petits donateurs » qui offraient quelques dizaines d’euros via un site web, mais nos informations montrent que leur impact a été faible : le démarrage de la campagne (au printemps 2016) a uniquement été rendu possible par de riches compagnons de route. Pourquoi l’ont-ils fait ? D’abord parce que pour des PDG et des rentiers, 7 500 € ne représentent pas grand-chose, d’autant moins que le don à un candidat donne droit à une réduction d’impôts à 66 %. Ensuite parce qu’ils partagent certainement la vision du monde du candidat, et son coté europhile et pro-libre-échange n’est sans doute pas étranger à la surreprésentation des Français résidant à l’étranger ou dirigeants de filiales de multinationales parmi les donateurs. Il existe aussi des raisons très personnelles qui ont poussé des « poissons pilotes » à offrir leur salon et leur réseau au futur président. Le cas de Gilles de Margerie, organisateur d’un dîner en juillet 2016 et devenu directeur de cabinet de la ministre de la Santé deux semaines après la victoire de Macron, est à cet égard révélateur. Enfin, les gros donateurs ont agi par conscience de classe : ils étaient en droit d’espérer, pour quelques milliers d’euros lâchés et des dîners organisés, faire gagner un président attentif à leurs intérêts, leurs obsessions et leurs rêves. Six mois après la victoire de leur poulain, leurs désirs ont tous été accomplis.

Revue frustration fevrier 2018

Etat de droit ? (2)

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Marta Minujín, The Parthenon of Books, 2017. Photography: Roman März

« Greenpeace France, ses militants et son chargé de campagne nucléaire ont immédiatement décidé de faire appel de cette décision de justice très sévère », a déclaré Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, à la sortie du tribunal de grande instance de Thionville, dans la soirée du 27 février.

Huit activistes étaient jugé-e-s mardi 27 février à Thionville pour s’être introduits dans la centrale de Cattenom en Moselle et avoir déclenché un feu d’artifice au pied de la piscine d’entreposage de combustible usé, en octobre 2017.Par ailleurs, Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace France, était poursuivi pour « complicité », et Greenpeace France en tant que « personne morale ». EDF réclamait à l’association et aux activistes plus de 700 000 euros en réparation dont 500 000 euros pour « atteinte à sa crédibilité ».

A l’issue du procès, le verdict, particulièrement lourd, est tombé :

  • Deux activistes ont été condamnés à deux mois de prison ferme.
  • Le chargé de campagne nucléaire a été jugé coupable de complicité dans le cadre de ses fonctions a Greenpeace et sanctionné de cinq mois de prison avec sursis.
  • Les six autres activistes sont condamné-e-s à cinq mois de prison avec sursis.
  • L’association Greenpeace est jugée coupable et devra payer une amende de 20 000 euros. Par ailleurs elle devra verser 50 000 euros à EDF au titre du préjudice moral.
  • Concernant le « préjudice matériel », une évaluation a été demandée à un expert. Greenpeace France doit provisionner 20 000 euros

C’est la première fois que des militants de l’association sont condamnés à une peine de prison ferme. Yannick Rousselet, salarié de Greenpeace France, est quant à lui condamné pour « complicité » alors qu’aucun fait n’a été établi. Ces lourdes sanctions ne sont pas acceptables pour l’organisation qui a joué son rôle de lanceur d’alerte.

Greenpeace France tentera d’en convaincre la Cour d’appel et ne cessera pas de dénoncer l’irresponsabilité d’EDF en matière de sécurité nucléaire. Tout comme elle continuera à participer au débat institutionnel pour démontrer la fragilité des installations nucléaires d’EDF.

Nous continuerons de dénoncer les failles de sécurité des installations d’EDF. Nos militant-e-s et de nombreuses personnes venues de France, du Luxembourg et d’Allemagne se sont rendues à Thionville durant le procès pour montrer leur soutien aux activistes de Greenpeace et dénoncer les risques nucléaires.

Les centrales d’EDF ne sont pas assez sécurisées et poursuivre nos militant-e-s ne résoudra pas le problème. Avec 58 réacteurs, les installations et transports associés sur le territoire français, nous sommes toutes et tous concernés par les risques nucléaires.

Greenpeace