Vieux continent

Bia_Davou

Documenta 14 Athènes 2017

Cette grande espérance, au départ, avait tout pour elle. Saint Thomas et Victor Hugo, un heureux mélange d’inspiration chrétienne et d’anticipations humanitaires, de générosités et de vraisemblances. Ainsi de la marche inexorable vers l’unification des nations dans une gouvernance globale, comme naguère des régions dans les États-nations, ou encore de fortes et simplistes certitudes comme « L’union fait la force ». À quoi s’ajoutait, pour le soussigné, l’ombre portée de l’Européen Paul Valéry. Sans doute « l’Europe possible » qu’il avait appelée de ses vœux ne coïncidait pas avec l’Union européenne. Ce n’était pas une résurgence due au Saint Empire romain germanique, mais l’Europe d’Albert Camus et de la « pensée de midi » : méditerranéenne et solaire, de patine catholique, devenue humaniste sur le tard, quoique plus proche de Rome que de Francfort. Elle commençait à Alger, passait par Alexandrie, allait à Beyrouth, faisait halte à Athènes, poussait une pointe vers Istanbul et remontait vers le nord, par la Botte italienne et la péninsule Ibérique. Autant dire qu’elle attachait au langage, à la géométrie et aux créations de l’imaginaire le même rôle stratégique que nous à l’indice Dow Jones et au taux d’imposition des entreprises.

L’histoire universelle a toujours eu plus d’une ruse dans son sac. Aussi a-t-elle confié l’expansion du principe Amérique à ce qui était supposé lui faire vis-à-vis et, pour certains, concurrence : les États-Unis d’Europe. Tel est le miracle de l’hégémonie : pouvoir faire remplir son agenda par un autre. C’est aussi celui de l’amour. La jeune Amérique a su se faire aimer au lendemain de la guerre, ce que n’a su faire, le contraire eût étonné, sa rivale d’alors, l’Union soviétique. Et qui aime imite. Il n’est donc pas anormal que l’Europe fédérale du futur ait souhaité se construire en étendant au Vieux Continent les dogmes et manières du Nouveau.

R.Debray

Extrait du monde diplo de juillet 2017

Le rejet des dettes illégitimes

Près de deux cents personnes s’étaient rassemblées dans le cinéma en plein air Dexameni (dans le quartier de Kolonaki) à Athènes le lundi 17 juillet pour assister à une conférence et à la projection de deux documents réalisés en liaison avec le CADTM. L’activité était organisée conjointement par la Commission pour la Vérité sur la dette grecque et par l’association Justice pour tous. La vidéo d’animation intitulée « La dette grecque, une tragédie européenne » a été projetée en début de séance. Cette vidéo qui a été réalisée par l’équipe liégeoise des productions du Pavé et par le CADTM a été très applaudie.

Parmi les militants et militantes qui s’étaient réunis ce soir là on reconnaissait différentes figures provenant d’un large éventail de la gauche qui résiste aux mémorandums : Zoe Konstantopoulou (l’ex-présidente du parlement grec, qui est aussi fondatrice du mouvement politique Trajet de Liberté), trois ex-ministres du gouvernement Tsipras 1 (Panagiotis Lafazani, Dimitri Stratoulis et Nadia Valavani, membres tous les trois d’Unité Populaire), le juriste Nikos Konstantopoulos (ex-président de Syriza, au début des années 2000), Aris Chatzistefanou (le réalisateur des films Debtocracy, Catastroïka,… et animateur du site Infowar), Leonidas Vatikiotis (co scénariste de Debtocracy et de Catastroïka), Moisis Litsis du CADTM grec, Kostas Bitsani (compagnon de l’eurodéputée Sofia Sakorafa, retenue à Bruxelles ce soir-là), Antonis Ntavanelos (ex-membre du bureau politique de Syriza) et Sotiris Martiris (tous deux membres de DEA et d’Unité Populaire), Stathis Kouvelakis (ex-membre du Comité central de Syriza, membre d’Unité populaire), Diamantis Karanastasis, un des animateurs de Trajet de Liberté, Marie Laure Coulmin, coordinatrice du livre collectif Les Grecs contre l’Austérité ; des militants syndicaux, et beaucoup de citoyens et de citoyennes qui ne participent pas habituellement aux réunions de la gauche radicale. Une vraie réussite dans un contexte où l’unité d’action entre celles et ceux qui résistent est plus nécessaire que jamais. Il est rare de voir une telle diversité et c’est important de souligner que la lutte contre les dettes illégitimes constitue une thématique qui peut faire converger tout ce monde.
Ce n’était pas facile à réaliser.

Le lieu de la projection n’avait pas été choisi par hasard : le cinéma en plein air appartient au syndicat des travailleurs de l’entreprise publique de distribution d’eau, que le gouvernement grec est disposé à privatiser sous la pression des créanciers. Dans le sous-sol du cinéma qui est situé sur un flan de la colline Licabeth, se trouve le principal château d’eau d’Athènes. Après l’intervention très applaudie d’un dirigeant syndical qui a expliqué le combat contre la privatisation de l’eau, trois prises de parole ont été réalisées : Léonidas Vatikiotis, Nikos Konstantopoulos et moi-même. Dans mon intervention qui était consacrée au thème Allemagne/Grèce : qui doit à qui ?, j’ai annoncé que le mercredi 19 juillet, une délégation de la gauche allemande allait remettre à l’eurogroupe à Bruxelles une pétition signée en Allemagne par 170 000 personnes qui se prononcent contre la privatisation de l’eau en Grèce. Andrej Hunko, député au Bundestag fera partie de la délégation qui la remettra. Léonidas Vatikiotis a dénoncé la campagne orchestrée par le gouvernement et par la presse dominante sur le thème : la Grèce retourne sur les marchés financiers, tout va bien. Nikos Konstantopoulos a plaidé pour une bataille en faveur du rétablissement de la primauté des droits humains par rapport aux droits des créanciers.

La séance a dû être interrompue car, fait exceptionnel à Athènes en juillet, il s’est mis à pleuvoir. Zoe Konstantopoulou a dû prendre la parole dans le bar du cinéma et il n’a pas été possible de procéder à la projection du film L’audit de la dette de Maxime Kouvaras. Ce sera partie remise.

L’activité du lundi 17 juillet a été précédée dix jours plus tôt par une conférence internationale organisée par le parti Unité populaire (LAE) créé en août-septembre 2015 par la gauche de Syriza, qui a protesté contre la capitulation de juillet 2015.

La conférence a eu lieu le vendredi 7 juillet dans un quartier populaire d’Athènes, il y avait dans la salle plus de 200 participants attentifs. Le titre de la conférence : La réponse de la gauche en Europe contre l’Union Européenne du néolibéralisme, de l’austérité et du racisme. Ont pris la parole Nikos Chountis, eurodéputé d’Unité populaire, ex-vice ministre dans le premier gouvernement Tsipras ; Yannis Albanis, ex porte-parole de Tsipras, membre du réseau de gauche radicale grecque ; Djordje Kuzmanovic, de la France Insoumise ; Jesús Romero, député de Podemos, membre d’Anticapitalistas, Andalousie-Espagne ; Filipe Teles, du magazine « Praxis », Portugal ; Constantin Braun, Die Linke, Allemagne ; John Rees, écrivain et activiste, Royaume-Uni ; et moi-même pour le CADTM.

La conférence était réellement intéressante. Dans la salle étaient présent-e-s Zoe Konstantopoulou, qui anime le mouvement politique Trajet de Liberté (qui a pris la parole le lendemain à une autre conférence réalisée dans le cadre de ce festival organisé par unité populaire), Costas Isychos, ex-vice ministre de la défense (janv – juin 2015), Dimitris Stratoulis (ex-vice ministre des retraites (janv – juin 2015), Panagiotis Lafazanis (ex ministre du nouveau modèle productif et de l’énergie (janv – juin 2015), de nombreux syndicalistes…

Le Conseil d’administration de la commission pour la vérité sur la dette grecque s’est réuni à Athènes le 11 juillet avec la participation de Zoé Konstantopoulou, Giorgos Kassimatis, Leonidas Vatikiotis, Thanos Contargyris et moi-même.

Nous avons fait le point sur les activités que la commission a réalisées à Athènes ces derniers mois. Notamment la réunion publique du 4 avril 2017 (2 ans après le début officiel des travaux de la commission au parlement grec) avec près de 150 personnes, 60 personnes ont laissé leurs coordonnées en souhaitant apporter leur soutien à la poursuite des travaux. Le Conseil d’Administration de la commission a discuté des prochaines activités et de la participation des 60 volontaires répartis en plusieurs groupes de travail.

Un livre en grec reprenant une partie de mes travaux sur la Grèce, publié par RedMarks, a été présenté à Athènes le 11 juillet en soirée dans le centre culturel La Commune. Une centaine de personnes étaient présentes. La salle principale était tout à fait remplie avec plus de 70 personnes. Une trentaine de personnes suivaient la présentation via écrans et diffuseurs dans 3 autres pièces. Le média alternatif Pressproject transmettait en streaming. Sont intervenus au cours de la présentation : Panos Kosma, Panagiotis Lafazanis (ex ministre du gouvernement Tsipras 1, leader de l’Unité populaire), Zoe Konstantopoulou (ex-présidente du parlement grec, dirigeante du mouvement politique Trajet de Liberté) et moi-même.

En résumé : la lutte pour l’abolition des dettes illégitimes réclamées à la Grèce se poursuit.

L’article traduit en grec

E.Toussaint Catdm juillet 2017

Acharnement

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Grèce : la violence imbécile des créanciers

Le 18 mai 2017, le Parlement grec a voté à une courte majorité (les députés de Syriza et ANEL: soit 153 députés sur 300) un nouveau train de mesures d’austérité qui couvre la période 2018-2021. En réalité, il s’agit de la transposition d’un volumineux document de 941 pages préparé par les créanciers et de la mise en musique de «l’accord» conclu avec la Commission européenne le 2 mai. Le document préparatoire, le Draft Preliminary Agreement1 (que le site Keep Talking Greece a fait fuiter) donne un aperçu de l’étendue des champs couverts. La Grèce n’est plus une démocratie: ce sont les créanciers qui rédigent les lois.

 

L’acharnement

Cela n’a pourtant pas suffi. La réunion du 22 mai de l’Eurogroupe (la réunion des ministres des finances) devait acter la bonne mise en œuvre des réformes en cours. Cela aurait permis de débloquer une nouvelle tranche de prêt de 7,5 milliards d’euros permettant de faire face à une échéance de 7 milliards en juillet et de rendre les titres de la dette grecque éligibles à la BCE (Banque centrale européenne). Mais les ministres européens ont refusé de donner quitus à leur collègue grec, certaines des réformes, notamment des retraites, n’étant pas assez avancées à leurs yeux.

La position des Européens était dictée par Wolfgang Schäuble et le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. Elle consiste à maintenir une pression constante sur les Grecs et à repousser autant que possible toute discussion sur un nouvel allègement de la dette grecque que demande le FMI. Les motivations sont évidemment d’ordre politique (les prochaines élections en Allemagne), doctrinal (le respect des règles) et punitif (tuer toute velléité de politiques alternatives).

Il existe par ailleurs une divergence de vues entre les institutions européennes et le FMI. Ce dernier souffle le chaud et le froid: il déclare que la dette grecque est insoutenable, mais préconise en même temps des mesures supplémentaires encore plus dures que celles des Européens. Cette position difficile à interpréter renvoie à la volonté de ne plus reproduire l’erreur commise en 2010, qui avait consisté à violer ses statuts qui lui interdisent de prêter à un pays dont la dette est insoutenable2. A l’appui de cette interprétation, on peut remarquer que le FMI débat actuellement des State-contingent Debt Instruments for Sovereigns. Il s’agit de titres de la dette publique dont les intérêts et le principal sont indexés sur le PIB (GDP-linked bonds) ou à maturité variable (sovereign cocoscontingent convertibles). Mais les directeurs exécutifs sont partagés comme le montre le compte-rendu de la discussion sur le rapport du staff du FMI3, publié par coïncidence le même jour que la réunion de l’Eurogroupe. Le FMI est donc divisé, en butte aux obstructions des représentants européens en son sein.

 

La feuille de route de Bruno Le Maire

Yanis Varoufakis rappelait récemment4 les promesses de soutien en faveur d’une «solution durable» que lui avait faites Emmanuel Macron, alors qu’ils étaient tous deux ministres. Mais Hollande et Sapin avaient mis leur veto. Aujourd’hui, rien n’empêche plus Macron de tenir ses promesses. Selon Mediapart5 son projet est toujours de «trouver un accord prochainement pour alléger dans la durée le poids de la dette grecque.» Telle était donc «la feuille de route» du nouveau ministre de l’économie, Bruno Le Maire.» Grâce au site grec Euro2Day qui a fait fuiter les minutes6 de la réunion de l’Eurogroupe, on peut constater que le nouveau ministre (Lemaire dans le compte-rendu) n’a pas réussi à se faire un nom et que sa prestation a été aussi lamentable que celles de son prédécesseur. Comme Michel Sapin il a, pour reprendre une formule de Varoufakis, émis «quelques bruits discordants mais très subtils (…) pour finalement se plier à la ligne de Doc Schäuble »7.

Dans sa première intervention, Le Maire félicite la Grèce pour les mesures adoptées et se plaint du «manque de clarté» qui fait obstacle à un compromis que la France est prête à soutenir. Il a des difficultés avec les hypothèses de croissance du FMI (mais pas avec celles de la Commission européenne), bref c’est le FMI qui bloque.

Vers la fin de la réunion, Le Maire précise qu’il est d’accord («en même temps?») avec ses deux nouveaux copains, Euclide (Tsakalotos) et Wolfgang (Schäuble) et que, décidément, le FMI doit faire un geste. Mais sa vraie préoccupation est ailleurs: il espère que «nous serons capables de communiquer positivement à la réunion de ce soir [la conférence de presse], c’est important pour les marchés.» C’est après tout ce qui compte vraiment, et de manière très cohérente, Le Maire s’est empressé, dès la sortie de la réunion, d’annoncer qu’il fallait reporter toute décision concernant le projet de taxe sur les transactions financières et «attendre de mesurer toutes les conséquences du Brexit »8.

 

Des prévisions de croissance «fake»

Dans ses prévisions de février dernier9 la Commission européenne faisait preuve d’un optimisme débordant. Elle discernait «des signes de reprise en lien avec la mise en œuvre du programme». Selon elle, les perspectives s’amélioraient sur tous les fronts: demande intérieure, le marché du travail, finances publiques. Bref, la Commission n’hésitait pas à prévoir une croissance de 2,7% en 2017, puis de 3,1% pour 2018.

Patatras, les chiffres de la croissance tombent: le PIB a reculé de 1,2% au dernier trimestre de 2016, et de 0,1% au premier trimestre de 2017. La Commission européenne remet alors l’ouvrage sur le métier et, en mai dernier, révise ses prévisions à la baisse: ce sera dorénavant 2,1% en 2017 et 2,5% en 201810. Elle est même un peu en dessous des prévisions du FMI d’avril (respectivement 2,2% et 2,7%)11. Mais elle ne renonce pas à son bel optimisme: «Après un recul au quatrième trimestre de 2016, la reprise devrait redémarrer cette année.» Ce n’était donc qu’un incident de parcours.

Tout cela est affligeant. La réalité est qu’après avoir baissé d’un quart, le PIB de la Grèce est plat depuis le début de 2013, soit quatre années pleines. Comment dans ces conditions oser parler d’amélioration, sans prendre en compte l’émigration, les retraités, la précarisation, la grande braderie des privatisations, la charge des réfugiés ? Comment ignorer les réactions du peuple grec à ce qui n’est rien d’autre qu’un nouveau mémorandum ?12.

Même en restant dans le domaine de l’économie «pure», comment postuler que, par miracle, la croissance va faire un bond en avant dans les années à venir? Le graphique ci-dessous permet de vérifier que le volume trimestriel du PIB oscille autour de 46 milliards d’euros de 2010 depuis 2013. Selon les prévisions de la Commission, il devrait franchir une marche d’escalier dès cette année, suivie d’une autre en 2018. Mais il n’y a aucune raison de penser que l’application d’un programme d’austérité forcené pourrait produire un tel résultat. Il y a au contraire toutes les raisons de penser que ces prévisions sont faites au doigt mouillé par des tricheurs qui n’ont rien à voir, de près ou de loin, avec l’économie.

En réalité, le programme ne fonctionnera pas si tant est qu’il s’agisse de relancer l’activité économique en Grèce. Il n’est pas conçu pour cela, et c’était déjà le pronostic de la Commission pour la vérité sur la dette grecque dès septembre 2015: le troisième mémorandum est aussi insoutenable que les deux précédents16.

En plus, «ils» le savent depuis le début. On ne peut résister à la tentation de rapporter ici la confidence de Christine Lagarde à Yannis Varoufakis lors de leur première rencontre le 11 février 2015 (un mois après la nomination de ce dernier comme ministre des finances). Dans le passionnant récit qu’il vient de publier17, Varoufakis rapporte leurs échanges – privés – après l’entrevue officielle :

«Christine a approuvé mon plaidoyer en faveur d’un allègement de la dette comme condition préalable à une reprise de l’économie grecque. Puis elle s’adressa à moi avec calme et franchise: “vous avez bien sûr raison, Yanis. Ces objectifs sur lesquels ils insistent ne peuvent pas fonctionner. Mais vous devez comprendre que nous avons trop investi dans ce programme pour pouvoir faire marche arrière. Pour être crédible, il vous faut accepter de travailler dans le cadre de ce programme”

 

L’acharnement incohérent des créanciers

L’enjeu réel du «programme», c’est la mise en place d’un gigantesque roll over de la dette grecque: tout l’argent qui est prêté à la Grèce est immédiatement affecté aux remboursements. La fonction des «réformes» et de l’austérité est de garantir la capacité de la Grèce à faire face aux échéances à venir. Cela passe par l’obtention d’excédents primaires démentiels : Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe n’hésite pas à exiger un excédent primaire d’au moins 3,5% du PIB pendant cinq ans à partir de 2018. Même un économiste de banque (en l’occurrence Ilias Lekkos, de la Piraeus Bank18) peut comprendre cette vérité élémentaire qu’il faut sans cesse rappeler:

«On n’a jamais vu un pays non-exportateur de pétrole qui puisse maintenir un excédent primaire de 3,5% systématiquement pendant plusieurs années (…) Cet objectif ne pourrait être atteint qu’au prix d’une énorme récession.»

Il faut donc cesser de parler de «négociations» avec la Grèce. Le ministre grec pourrait aussi bien être absent des débats qui opposent deux positions doctrinales : celle du FMI et celle de la Commission européenne. Les voies d’un compromis ne sont pas discutées, alors que le FMI lui-même les explorait en détail dans son examen de l’économie grecque de février 201719. Pour rétablir la soutenabilité de la dette grecque, le FMI proposait les mesures suivantes: allongements de maturité allant de 10 à 30 ans; report des paiements d’intérêt jusqu’en 2040; plafonnement des taux d’intérêt à 1,5% pendant 30 ans; restitution automatique à la Grèce des profits tirés de la détention de titres de la dette grecque par la BCE (programme SMP, Securities Markets Programme) et par les banques centrales programme ANFA, Agreement on Net Financial Assets).

Ces pistes, et d’autres en discussion aujourd’hui au FMI, rappellent irrésistiblement la logique du plan présenté par Yanis Varoufakis20 lors de ses premières réunions avec la troïka au printemps 2015. Ce plan était fondé sur l’échange des titres de la dette grecque contre des obligations perpétuelles ou indexées sur la croissance, et il aurait sans doute permis (dans l’abstrait) de trouver un accord raisonnable sans qu’aucune des parties ne perde la face. La distance entre ce possible compromis et l’acharnement désordonné des créanciers permet de mesurer la violence faite au peuple grec.

 

Ce texte a d’abord été publié sur le site À l’encontre

L’enfumage

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Selon les chiffres révélés par l’UNAF (Union nationale de l’apiculture française) ce mercredi 28 juin après-midi, l’usage des néonicotinoïdes, toutes molécules confondues, a augmenté de 4% entre 2013 et 2015 en France. Et ce malgré le fait que trois molécules sont partiellement interdites par l’Union européenne depuis décembre 2013.

Chaque année, le syndicat apicole demande les chiffres de l’utilisation de ce qu’il considère comme les « insecticides les plus toxiques pour les abeilles ». Outre le constat d’une augmentation de leur utilisation, il tire de ces données deux autres enseignements :

- L’usage de l’imidaclopride se maintient, malgré son interdiction partielle. « Cela s’explique par le maintien de son autorisation sur les céréales à paille », observe le syndicat, qui rappelle également que « l’imidaclopride est l’insecticide qui contamine le plus les eaux de surfaces françaises, une ’tendance préoccupante’ selon un rapport du Ministère de l’Environnement. »

– L’utilisation du thiaclopride a augmentée de 158 % depuis 2013. Un bond dû au fait que « les usages interdits par l’UE du thiaméthoxam et de la clothianidine se sont reportés sur le thiaclopride », interprète l’UNAF« , qui rappelle que cette substance fait partie des perturbateurs endocriniens et qu’elle est  »massivement utilisé sur les cultures de maïs. »

« Ces chiffres rappellent avec force qu’une interdiction européenne partielle ne suffit pas : l’environnement des abeilles françaises reste très contaminé par les néonicotinoïdes, avec des impacts considérables sur l’ensemble de la biomasse volante comme sur l’ensemble de l’environnement. La revue Science publiait le mois dernier un article faisant état d’une réduction de 80% de la masse des insectes volants entre 1989 et 2013, pointant du doigt les néonicotinoïdes », conclut le communiqué de l’organisation d’apiculteurs.

Reporterre juin 2017

C’est le premier cafouillage gouvernemental, et il concerne une question d’environnement. Puisqu’on vous dit que c’est important ! Rappel des faits : lundi 26 juin au matin, RMC dévoile un document de travail interministériel. Parmi les mesures proposées, figurent notamment deux points relevés par la radio privée :

  • Le projet de revenir sur l’interdiction de certains néonicotinoïdes – pesticides dits « tueurs d’abeilles » – alors que la loi biodiversité adoptée en 2016 prévoit leur interdiction en France d’ici à 2018 (avec dérogations jusqu’en 2020), et qu’Emmanuel Macron s’était engagé à la maintenir lors de la campagne présidentielle ;
  • La possibilité de rétablir les épandages aériens de pesticides, interdits depuis 2014 sauf situations d’urgence.

L’association de lutte contre les pesticides Générations futures s’émeut aussi d’une troisième mesure envisagée : les préparations naturelles à base de plantes, telles que le purin d’ortie, pourraient être classées dans la même catégorie que les pesticides. Ces alternatives aux produits phytosanitaires pourraient donc être d’autant plus difficilement homologuées.

« Nous devons pouvoir autoriser des dérogations »

Confronté au document, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, invité de RMC et BFMTV, a réagi dès le matin. La clarification a été rapide du côté des épandages aériens. « Il faut reconnaître qu’une demande de dérogation avait été faite mais elle n’a pas été acceptée, a-t-il déclaré. Il n’y aura qu’une seule dérogation, en cas de crises sanitaires graves, et si et seulement si il n’y a aucun risque pour les populations environnantes et les salariés qui travaillent sur les champs et font l’épandage. » On en restera donc à la situation actuelle.

Concernant les néonicotinoïdes, il a en revanche défendu sa position, estimant que « la France n’est pas en conformité avec le droit européen », qui n’envisage d’interdire que trois (sur sept) de ces pesticides. « Il y a certains produits avec des impasses techniques, qui n’ont pas de produits de substitution. Nous devons pouvoir autoriser des dérogations afin que nos producteurs continuent à travailler dans de bonnes conditions. »

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, n’a pas manqué de réagir, défendant l’interdiction dans un tweet matinal.

Il fallait donc que Matignon tranche le désaccord. Cela a été fait dès la mi-journée. « Le gouvernement a décidé de ne pas revenir sur les dispositions de la loi de 2016. Cet arbitrage a été pris à l’occasion d’une réunion tenue à Matignon le 21 juin dernier », a précisé le Premier ministre dans un communiqué.

Préciser l’attitude face à l’Union Européenne

Affaire close ? Pas tout à fait.

Tout d’abord, les propos du ministre de l’Agriculture ont eu le mérite de permettre de le situer, alors qu’on lui connaît peu de prises de positions publiques dans son nouveau périmètre d’exercice. « Il a une vision ultra-économique de l’agriculture, et ne paraît pas très sourcilleux sur les questions de santé et d’environnement », relève Corinne Morel Darleux. La secrétaire nationale du Parti de gauche et conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes suit ces dossiers de près.

Et puis, « le communiqué d’Édouard Philippe ne lève pas complètement les ambiguïtés », souligne-t-elle. En particulier, le dernier paragraphe du communiqué du Premier ministre, rappelle qu’« un travail est en cours avec les autorités européennes ». Un avertissement, selon Corinne Morel-Darleux : « M. Macron avait dit que le droit européen est supérieur. Sera-t-il capable d’aller à la désobéissance européenne quand les questions de santé publique et d’environnement sont en jeu ? »

C’est la même partie de ce communiqué qui a attiré l’attention de l’ex-ministre de l’Environnement et désormais députée PS Delphine Batho. Elle avait porté le texte ayant abouti à l’interdiction des néonicotinoïdes. « Notre loi ne pose aucun problème au niveau européen, rappelle-t-elle. Nous avons fait exprès de ne pas parler des néonicotinoïdes, mais des “produits contenant des substances néonicotinoïdes”. »

En effet, l’Union européenne (UE) a la compétence pour autoriser ou pas les substances actives, mais laisse le soin au pays de décider quels produits contenant ces substances actives sont autorisés ou pas. Exemple le plus connu : l’interdiction du Roundup — l’herbicide phare de Monsanto — serait de la compétence des États, alors que l’interdiction de sa substance active (le glyphosate) dépend de l’UE.

« C’est une question de volonté politique, il n’y a pas d’argutie juridique qui nous empêche d’interdire les produits contenant les néonicotinoïdes », assure Delphine Batho. Le gouvernement français pourrait, s’il le souhaite, conclure rapidement le travail « en cours avec les autorités européennes » évoqué par Édouard Philippe, et confirmer par là l’interdiction française des néonicotinoïdes. Le fera-t-il ?

Préparations naturelles contre produits phytos

Enfin, dernière question, passée sous le radar médiatique, celle des « préparations naturelles peu préoccupantes ». Le document interministériel considère que les « préparations naturelles peu préoccupantes » (PNPP) sont « une catégorie nationale qui est devenue obsolète ». Il faudrait donc la supprimer.

« Il serait incompréhensible que la catégorie des préparations naturelles peu préoccupantes, qui regroupe des biostimulants utiles aux agriculteurs, soit supprimée. Cette catégorie ne constitue pas un obstacle à l’activité économique, bien au contraire, son existence permet de fournir des solutions aux agriculteurs ne voulant pas utiliser de pesticides de synthèse », alertait lundi après-midi l’association Générations futures.

Une vieille histoire, pour les défenseurs du purin d’ortie. « Le gouvernement voudrait que les PNPP suivent le même processus d’évaluation que les pesticides, ce qui est quasi-impossible », estime Guy Kastler, porteur de cette question au sein de divers réseaux paysans (Nature & Progrès, Confédération paysanne, Réseau semences paysannes). « Cela coûte plusieurs milliers d’euros de faire un dossier, nous n’arrivons à en faire que trois ou quatre par an alors qu’environ 500 à 800 produits sont utilisés régulièrement par les agriculteurs ! La guerre de l’ortie est relancée, alors que le Parlement a déjà voté trois fois pour que les PNPP ne soient pas considérées comme des produits phytosanitaires », rappelle-t-il.

Les associations promettent donc de suivre attentivement les arbitrages interministériels qui seront rendus sur ces sujets. Reste à voir de quel côté la balance penchera. La saison des « couacs gouvernementaux » ne fait peut-être que commencer.

 

La cuve (suite)

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Le 28 juin 2017

Deux journées de débats intenses entre experts viennent de se terminer sur les anomalies de la cuve de l’EPR de Flamanville et son couvercle. L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) doit maintenant communiquer son avis sur la robustesse de ces pièces. Ce matin, nous nous sommes réunis devant le chantier de l’EPR pour dénoncer l’irresponsabilité d’EDF et d’AREVA et interpeller le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot.

 

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) subit une pression sans précédent de la part d’EDF et AREVA. Cette situation inédite montre que cette décision de l’ASN ne relève désormais plus seulement de la sûreté nucléaire : elle est devenue avant tout politique.Que cherchent à faire EDF et AREVA ? Déroger aux standards les plus élémentaires de sûreté nucléairepour que l’EPR de Flamanville soit mis en fonctionnement malgré ses pièces défectueuses. Derrière l’autorisation de cette cuve de l’EPR, c’est bien la survie de l’industrie nucléaire française qui est en jeu.

En effet, EDF et AREVA jouent gros sur l’EPR de Flamanville : les décisions qui seront prises sur ce chantier auront des conséquences lourdes sur l’avenir des projets vendus au Royaume-Uni, en Finlande et en Chine.

Nous en appelons à la responsabilité de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire et en charge de la sûreté nucléaire. L’ASN ne peut plus prendre une décision de sûreté en toute indépendanceet ne peut résister à la pression. Quant à nous, citoyens français, nous n’avons pas à payer le prix des erreurs stratégiques et techniques d’EDF et AREVA. En mettant fin au chantier de Flamanville, Nicolas Hulot peut encore nous l’éviter.

Le nucléaire “made in France” n’existe pas

Les experts qui ont participé aux débats de ces deux derniers jours sont unanimes : la cuve et son couvercle ne sont pas conformes. Quant aux tests qui ont été effectués pour prouver le contraire, ces mêmes experts ont largement questionné leur représentativité. Pour nous, la conclusion est sans appel : si l’ASN valide la cuve de l’EPR de Flamanville et son couvercle, les marges de sûreté seront rognées.

Sur une technologie aussi puissante mais donc potentiellement dangereuse que celle de l’EPR, il ne peut pas y avoir de demi-mesure sur la sûreté : ou bien les pièces sont conformes ou bien elles ne le sont pas. Il n’y a donc qu’une seule réponse possible : la cuve doit être rejetée, tout comme son couvercle.

Les échanges qui ont lieu entre les experts, en présence des clients étrangers qui assistaient aux débats l’ont montré une fois de plus : EDF est incapable de mener à bout le projet d’EPR. L’usine Creusot Forge d’AREVA n’a pas été en mesure de forger des pièces conformes. EDF a d’ailleurs déjà passé commande au Japon pour remplacer le couvercle de la cuve de Flamanville, et pour les deux réacteurs EPR d’Hinkley Point. En réalité, le « nucléaire made in France » n’existe pas.

L’avis final d’autorisation de démarrage de Flamanville ne sera donné par l’ASN qu’en 2018, au plus tôt, au moment où les premiers tests hydrauliques seront effectués. EDF n’est pas au bout de ses peines. Et nous n’avons pas dit notre dernier mot. L’ASN ne peut pas prendre sur ses épaules le poids d’une industrie aux abois. Nicolas Hulot doit intervenir pour que la sûreté nucléaire ne soit pas sacrifiée au profit d’un nucléaire français en faillite.

 

Greenpeace

Démocraties

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G.Rousse Utopia Familistère de Guise

Auréolé d’une élection remportée avec trois millions de suffrages de moins que sa concurrente, le président Donald Trump a choisi l’Arabie saoudite pour y dénoncer l’absence de démocratie… en Iran. Puis, à Miami, devant des rescapés d’une équipée militaire ratée montée en avril 1961 par la Central Intelligence Agency (CIA) contre le gouvernement de Fidel Castro, il a prétexté la « liberté du peuple cubain » pour durcir les sanctions américaines contre la population de l’île.

En matière de célébration équivoque de la démocratie, le cycle électoral français qui vient de s’achever n’est pas aussi burlesque que ces deux exemples. Toutefois il s’en rapproche. Au départ, des primaires très suivies ont désigné les candidats des deux principaux partis. Mais l’un et l’autre furent éliminés dès le premier tour par M. Emmanuel Macron, qui sut aligner mots creux, jolies images et appui compact des médias. Les électeurs lui ayant donné pour rivale du second tour une candidate d’extrême droite détestée par deux tiers des Français, son triomphe final était assuré. Ne restait plus qu’à adjoindre au nouveau président, afin de « lui permettre de gouverner », une majorité de députés largement inconnus mais issus des classes supérieures (zéro ouvrier, quarante-six chefs d’entreprise) et qui lui devront tout. Miracle des modes de scrutin, la politique néolibérale que M. Macron incarne n’avait obtenu l’aval que de 44,02 % des suffrages exprimés lors du premier tour de l’élection présidentielle (1). À l’Assemblée, elle pourra compter sur près de 90 % des députés (2).

Jamais dans l’histoire du suffrage universel en France une élection législative n’a si peu mobilisé (plus de 57 % d’abstention, contre 16 % en 1978…). Ce score piteux, à l’américaine, conclut une campagne nationale quasiment absente, rythmée par des « affaires » souvent secondaires. Des Watergate de petit calibre que les médias relayent à satiété, comme pour se dédouaner d’avoir servi de marchepied au nouveau président. Quand les questions politiques posées se résument à un inventaire comparé des transgressions personnelles des élus (3), doit-on s’étonner que les députés comptent autant de nouveaux venus, à la rigueur disposés à dépoussiérer les apparences les moins reluisantes du système, mais peu enclins à contester les choix économiques stratégiques, qu’ils abandonnent à l’exécutif et à la Commission européenne ?

La bousculade suivie d’un léger malaise dont fut victime une candidate a monopolisé les ondes pendant trois jours, concurrencée par le rebondissement d’une affaire criminelle vieille de plus de trente ans. Politique européenne, crise de la dette grecque, état d’urgence, engagement militaire français en Afrique et au Proche-Orient : de cela en revanche il ne fut presque jamais question. Ce que Pierre Bourdieu appelait une « politique de dépolitisation et de démobilisation » vient ainsi de remporter une belle victoire, mais la bataille ne fait que commencer…

S.Halimi Monde diplo juillet 2017

Reconquête

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Le cycle électoral décisif de 2017 est achevé. La politique n’en sort pas grandie. La gauche est malade, mais sa partie gauche est en principe dans une situation plus favorable. Raison de plus pour ne pas gâcher une opportunité et une redoutable exigence.

Constituer le peuple
Éparpillement du champ politique, abstention exceptionnelle, recul des partis traditionnels… Tous les indices convergent pour mettre en relief ce qui est une véritable crise politique, articulée à une crise de régime. Redéfinitions à la marge et replâtrage constitutionnel ne serviraient dès lors à rien. Relancer la gauche dans son état ancien n’a pas davantage de sens. Les temps qui sont les nôtres appellent à une rupture, sans précédent et à toutes les échelles. Elle demande de la refondation ou de la métamorphose, davantage que de l’aménagement.

Le « mouvement ouvrier » s’est affaissé – la crise du syndicalisme en est une manifestation majeure – sans que le « mouvement social » prenne franchement la relève. La radicalité n’a pas échappé à la tension entre un pragmatisme par défaut – au prétexte que l’utopie est en panne – et la nostalgie de « jours heureux » dont on ne sait pas toujours très bien s’ils sont ceux de l’espoir révolutionnaire ou de la bonne vieille social-démocratie d’antan. Le « réalisme » prôné par le socialisme s’est enlisé dans les sables, mais « l’alternative » n’a pas fait la démonstration complète de sa force et de sa crédibilité.

Au fil des ans, le PCF s’est enfermé dans le souvenir de ses temps glorieux et le PS est devenu le parti de la « gestion loyale » d’un capitalisme mondialisé. Par-là, les deux partis ont cessé d’être des lieux de promotion des attentes populaires, notamment ouvrières et urbaines, et des foyers de socialisation permettant aux couches subalternes de disputer la place aux groupes dotées des ressources matérielles et symboliques qui découlent de leur statut. La violence de la crise politique, le désengagement citoyen de plus en plus affirmé et la poussée du Front national ont été les manifestations les plus fortes de ce processus régressif. La politique a horreur du vide : quand les forces les plus critiques ne sont pas suffisamment à la hauteur, la place est libre pour les centrismes improbables ou pour les alternatives violentes, celles des petites et des grandes « communautés ».

On ne change pas le désordre de la société, sans le socle humain qui le rend possible. Or la gauche traditionnelle est en panne. Le communisme et le socialisme l’ont structurée pendant tout le XXe siècle (voir article précédent) ; ils ne sont plus en état de le faire. Le clivage même de la droite et de la gauche est en question, dès l’instant où leurs gestions du pouvoir finissent par se confondre. La conclusion s’impose à beaucoup qu’il faut désormais s’appuyer sur un autre paradigme : l’objectif ne serait plus d’unir la gauche, mais de rassembler le peuple ; il faudrait le faire, non pas contre la droite, mais contre les « élites », qu’elles soient de gauche comme de droite.

R.Martelli extrait : https://www.ensemble-fdg.org/content/legislatives-second-tour-et-apres