La cuve (suite)

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Le 28 juin 2017

Deux journées de débats intenses entre experts viennent de se terminer sur les anomalies de la cuve de l’EPR de Flamanville et son couvercle. L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) doit maintenant communiquer son avis sur la robustesse de ces pièces. Ce matin, nous nous sommes réunis devant le chantier de l’EPR pour dénoncer l’irresponsabilité d’EDF et d’AREVA et interpeller le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot.

 

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) subit une pression sans précédent de la part d’EDF et AREVA. Cette situation inédite montre que cette décision de l’ASN ne relève désormais plus seulement de la sûreté nucléaire : elle est devenue avant tout politique.Que cherchent à faire EDF et AREVA ? Déroger aux standards les plus élémentaires de sûreté nucléairepour que l’EPR de Flamanville soit mis en fonctionnement malgré ses pièces défectueuses. Derrière l’autorisation de cette cuve de l’EPR, c’est bien la survie de l’industrie nucléaire française qui est en jeu.

En effet, EDF et AREVA jouent gros sur l’EPR de Flamanville : les décisions qui seront prises sur ce chantier auront des conséquences lourdes sur l’avenir des projets vendus au Royaume-Uni, en Finlande et en Chine.

Nous en appelons à la responsabilité de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire et en charge de la sûreté nucléaire. L’ASN ne peut plus prendre une décision de sûreté en toute indépendanceet ne peut résister à la pression. Quant à nous, citoyens français, nous n’avons pas à payer le prix des erreurs stratégiques et techniques d’EDF et AREVA. En mettant fin au chantier de Flamanville, Nicolas Hulot peut encore nous l’éviter.

Le nucléaire “made in France” n’existe pas

Les experts qui ont participé aux débats de ces deux derniers jours sont unanimes : la cuve et son couvercle ne sont pas conformes. Quant aux tests qui ont été effectués pour prouver le contraire, ces mêmes experts ont largement questionné leur représentativité. Pour nous, la conclusion est sans appel : si l’ASN valide la cuve de l’EPR de Flamanville et son couvercle, les marges de sûreté seront rognées.

Sur une technologie aussi puissante mais donc potentiellement dangereuse que celle de l’EPR, il ne peut pas y avoir de demi-mesure sur la sûreté : ou bien les pièces sont conformes ou bien elles ne le sont pas. Il n’y a donc qu’une seule réponse possible : la cuve doit être rejetée, tout comme son couvercle.

Les échanges qui ont lieu entre les experts, en présence des clients étrangers qui assistaient aux débats l’ont montré une fois de plus : EDF est incapable de mener à bout le projet d’EPR. L’usine Creusot Forge d’AREVA n’a pas été en mesure de forger des pièces conformes. EDF a d’ailleurs déjà passé commande au Japon pour remplacer le couvercle de la cuve de Flamanville, et pour les deux réacteurs EPR d’Hinkley Point. En réalité, le « nucléaire made in France » n’existe pas.

L’avis final d’autorisation de démarrage de Flamanville ne sera donné par l’ASN qu’en 2018, au plus tôt, au moment où les premiers tests hydrauliques seront effectués. EDF n’est pas au bout de ses peines. Et nous n’avons pas dit notre dernier mot. L’ASN ne peut pas prendre sur ses épaules le poids d’une industrie aux abois. Nicolas Hulot doit intervenir pour que la sûreté nucléaire ne soit pas sacrifiée au profit d’un nucléaire français en faillite.

 

Greenpeace

Démocraties

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G.Rousse Utopia Familistère de Guise

Auréolé d’une élection remportée avec trois millions de suffrages de moins que sa concurrente, le président Donald Trump a choisi l’Arabie saoudite pour y dénoncer l’absence de démocratie… en Iran. Puis, à Miami, devant des rescapés d’une équipée militaire ratée montée en avril 1961 par la Central Intelligence Agency (CIA) contre le gouvernement de Fidel Castro, il a prétexté la « liberté du peuple cubain » pour durcir les sanctions américaines contre la population de l’île.

En matière de célébration équivoque de la démocratie, le cycle électoral français qui vient de s’achever n’est pas aussi burlesque que ces deux exemples. Toutefois il s’en rapproche. Au départ, des primaires très suivies ont désigné les candidats des deux principaux partis. Mais l’un et l’autre furent éliminés dès le premier tour par M. Emmanuel Macron, qui sut aligner mots creux, jolies images et appui compact des médias. Les électeurs lui ayant donné pour rivale du second tour une candidate d’extrême droite détestée par deux tiers des Français, son triomphe final était assuré. Ne restait plus qu’à adjoindre au nouveau président, afin de « lui permettre de gouverner », une majorité de députés largement inconnus mais issus des classes supérieures (zéro ouvrier, quarante-six chefs d’entreprise) et qui lui devront tout. Miracle des modes de scrutin, la politique néolibérale que M. Macron incarne n’avait obtenu l’aval que de 44,02 % des suffrages exprimés lors du premier tour de l’élection présidentielle (1). À l’Assemblée, elle pourra compter sur près de 90 % des députés (2).

Jamais dans l’histoire du suffrage universel en France une élection législative n’a si peu mobilisé (plus de 57 % d’abstention, contre 16 % en 1978…). Ce score piteux, à l’américaine, conclut une campagne nationale quasiment absente, rythmée par des « affaires » souvent secondaires. Des Watergate de petit calibre que les médias relayent à satiété, comme pour se dédouaner d’avoir servi de marchepied au nouveau président. Quand les questions politiques posées se résument à un inventaire comparé des transgressions personnelles des élus (3), doit-on s’étonner que les députés comptent autant de nouveaux venus, à la rigueur disposés à dépoussiérer les apparences les moins reluisantes du système, mais peu enclins à contester les choix économiques stratégiques, qu’ils abandonnent à l’exécutif et à la Commission européenne ?

La bousculade suivie d’un léger malaise dont fut victime une candidate a monopolisé les ondes pendant trois jours, concurrencée par le rebondissement d’une affaire criminelle vieille de plus de trente ans. Politique européenne, crise de la dette grecque, état d’urgence, engagement militaire français en Afrique et au Proche-Orient : de cela en revanche il ne fut presque jamais question. Ce que Pierre Bourdieu appelait une « politique de dépolitisation et de démobilisation » vient ainsi de remporter une belle victoire, mais la bataille ne fait que commencer…

S.Halimi Monde diplo juillet 2017

Reconquête

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Le cycle électoral décisif de 2017 est achevé. La politique n’en sort pas grandie. La gauche est malade, mais sa partie gauche est en principe dans une situation plus favorable. Raison de plus pour ne pas gâcher une opportunité et une redoutable exigence.

Constituer le peuple
Éparpillement du champ politique, abstention exceptionnelle, recul des partis traditionnels… Tous les indices convergent pour mettre en relief ce qui est une véritable crise politique, articulée à une crise de régime. Redéfinitions à la marge et replâtrage constitutionnel ne serviraient dès lors à rien. Relancer la gauche dans son état ancien n’a pas davantage de sens. Les temps qui sont les nôtres appellent à une rupture, sans précédent et à toutes les échelles. Elle demande de la refondation ou de la métamorphose, davantage que de l’aménagement.

Le « mouvement ouvrier » s’est affaissé – la crise du syndicalisme en est une manifestation majeure – sans que le « mouvement social » prenne franchement la relève. La radicalité n’a pas échappé à la tension entre un pragmatisme par défaut – au prétexte que l’utopie est en panne – et la nostalgie de « jours heureux » dont on ne sait pas toujours très bien s’ils sont ceux de l’espoir révolutionnaire ou de la bonne vieille social-démocratie d’antan. Le « réalisme » prôné par le socialisme s’est enlisé dans les sables, mais « l’alternative » n’a pas fait la démonstration complète de sa force et de sa crédibilité.

Au fil des ans, le PCF s’est enfermé dans le souvenir de ses temps glorieux et le PS est devenu le parti de la « gestion loyale » d’un capitalisme mondialisé. Par-là, les deux partis ont cessé d’être des lieux de promotion des attentes populaires, notamment ouvrières et urbaines, et des foyers de socialisation permettant aux couches subalternes de disputer la place aux groupes dotées des ressources matérielles et symboliques qui découlent de leur statut. La violence de la crise politique, le désengagement citoyen de plus en plus affirmé et la poussée du Front national ont été les manifestations les plus fortes de ce processus régressif. La politique a horreur du vide : quand les forces les plus critiques ne sont pas suffisamment à la hauteur, la place est libre pour les centrismes improbables ou pour les alternatives violentes, celles des petites et des grandes « communautés ».

On ne change pas le désordre de la société, sans le socle humain qui le rend possible. Or la gauche traditionnelle est en panne. Le communisme et le socialisme l’ont structurée pendant tout le XXe siècle (voir article précédent) ; ils ne sont plus en état de le faire. Le clivage même de la droite et de la gauche est en question, dès l’instant où leurs gestions du pouvoir finissent par se confondre. La conclusion s’impose à beaucoup qu’il faut désormais s’appuyer sur un autre paradigme : l’objectif ne serait plus d’unir la gauche, mais de rassembler le peuple ; il faudrait le faire, non pas contre la droite, mais contre les « élites », qu’elles soient de gauche comme de droite.

R.Martelli extrait : https://www.ensemble-fdg.org/content/legislatives-second-tour-et-apres

La cuve

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Le 22 juin 2017

L’histoire de la cuve de l’EPR est emblématique de la façon dont le lobby nucléaire dissimule, organise le mensonge, et intimide ceux qui se mettent en travers de son chemin. Aujourd’hui, le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) publie son rapport sur les anomalies de la cuve de l’EPR de Flamanville. Le constat est sans appel : EDF et AREVA ont dissimulé des informations cruciales en matière de sûreté nucléaire. L’ASN doit rendre un premier avis sur la cuve ces prochains jours : le gendarme du nucléaire français est soumis à une pression inédite.

EDF et AREVA jouent la politique du fait accompli

Le HCTISN, comité pluraliste nommé par décret gouvernemental, est composé de représentants d’EDF et d’AREVA et d’experts de la sûreté nucléaire. Il a pour mission de veiller à l’information du public et à la transparence des industriels du nucléaire. Le Haut comité avait décidé en juin 2015 de se saisir de l’affaire des anomalies sur la cuve de l’EPR de Flamanville et a constitué un groupe de travail ad hoc. Ces irrégularités avaient été révélées par l’ASN en avril 2015, neuf ans après la fabrication des pièces incriminées.

Au total, il aura fallu que le HCTISN organise une dizaine de réunions avec 25 experts pour tenter de faire la lumière sur ce dossier. Dans le rapport rendu public aujourd’hui, il apparaît clairement que ni AREVA ni EDF n’ont respecté les règles. EDF et AREVA « n’ont pas expliqué au public l’origine des anomalies et l’historique de la conception et de la fabrication de la cuve du réacteur EPR » précise le rapport.

Pour le Haut comité, AREVA aurait notamment dû rendre publiques les réponses aux courriers que l’ASN lui a envoyés depuis 2006 sur la fabrication de la cuve. Par ailleurs, le rapport relève le fait qu’aucun scénario technique alternatif n’ait été rendu public, en cas de refus de la cuve et de son couvercle par l’ASN.

Depuis le début de l’affaire, EDF et AREVA mettent l’ASN devant le fait accompli : ils refusent de communiquer un plan B pour la contraindre à accepter que l’EPR démarre avec des pièces vérolées.

L’Autorité de sûreté nucléaire doit résister aux pressions

L’ASN doit rendre public un premier avis sur la cuve dans les prochains jours. Cet avis sera ensuite soumis à concertation publique pour une décision finale qui sera rendue à l’automne.

Le rejet de la cuve par l’ASN enclencherait un « effet domino » en remettant en cause la faisabilité de l’ensemble des projets EPR vendus par EDF et AREVA au Royaume-Uni, en Chine et en Finlande. Les industriels mettent une pression intolérable sur l’ASN, en faisant reposer l’avenir de la filière nucléaire sur ses épaules.

Si l’ASN valide la cuve, ce sont les intérêts financiers qui primeraient sur les principes fondamentaux de sûreté nucléaire. Avec les anomalies détectées sur la cuve et son réacteur (ségrégations de carbone), rien ne permet d’assurer que celle-ci ne peut rompre et créer ainsi un accident nucléaire majeur.

Il est encore temps pour l’ASN de se montrer intransigeante sur la sûreté nucléaire, de résister aux pressions d’EDF et AREVA et donc de refuser de valider la cuve et le couvercle de l’EPR de Flamanville. L’ASN ne doit pas sacrifier la sûreté nucléaire pour sauver à tout prix une filière nucléaire en faillite.

source : Greenpeace

Géopolitique

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I.Mahama

Dans les considérations sur l’art de la guerre, véritable moteur de la politique telle qu’il la définit dans Le Prince, Machiavel souligne qu’un paysage n’apparaît pas de la même façon selon qu’il est vu de la montagne ou d’une plaine[1]. Il en est a fortiori de même pour des signifiants comme ceux qui nous occupent dans cette discussion, la « nation » et la « mondialisation », qui se réfèrent à des territoires ou à la façon dont sont structurés les rapports entre des configurations politiques ou économiques à forte dimension territoriale et spatiale. Le point de vue où l’on se place peut toutefois se décliner de plusieurs façons, chacune définissant une perspective distincte. Dans les remarques qui suivent, j’adopterai celui d’une formation nationale particulière, la Grèce, avec laquelle j’entretiens des liens personnels, non pas pour m’y enfermer mais pour essayer d’appréhender des tendances plus larges, qui concernent le monde dans lequel nous vivons. La Grèce est certes un petit pays, mais, de par sa position géographique, politique (ou géopolitique) et économique, elle est un avant-poste de l’espace européen, donc aussi sa frontière. On peut donc penser qu’appréhender le monde à partir d’un tel lieu permet de saisir avec une acuité particulière certaines des tendances qui y sont à l’œuvre. Saisir la Grèce comme avant-poste et frontière signifie la comprendre comme un lieu de délimitation et de contact permanent entre l’« Europe », mais aussi, et la distinction est de taille, l’Union Européenne (UE), et son extérieur, ou plutôt son Autre, à savoir ce par rapport à quoi, voire même ce contre quoi, elle se définit et se construit.

Nul hasard donc si c’est en Grèce que la « crise des réfugiés », qui a atteint son moment culminant en 2015, s’est révélée avec une violence spectaculaire, qui a placé le pays au centre de l’attention de l’opinion publique européenne internationale. Je mets le terme de « crise » entre guillemets pour souligner qu’il n’est en rien neutre. Pourquoi faudrait-il en effet que l’arrivée durant l’année 2015 d’environ un million personnes, « réfugiés » ou « migrants » là encore les termes ont leur importance, dans une entité comme l’UE, qui compte un demi-milliard d’habitants, soit en tant que telle synonyme de « crise » ? En réalité, la construction de cet événement comme une « crise », avant tout par les autorités de l’UE et de ses Etats membres, puissamment secondées par le discours médiatique, participe pleinement du problème dont la racine se trouve, j’y reviendrai dans un instant, dans la construction de l’« Europe  forteresse» et la violence fondamentale sur laquelle repose son rapport avec cet « extérieur », ou cet « Autre » qu’on appelle maintenant le « Sud global », et qu’on appelait naguère le « Tiers Monde ».

S.Kouvélakis

Extrait de Contretemps

Alternative à Athènes

Ancient Agora

Novlangue du changement — l’alternative s’élabore à gauche

Parce que c’est là que s’inventera la langue d’un avenir commun et désirable, économiquement et politiquement désirable, ancré dans des préoccupations concrètes et matérielles, nous soutenons le Congrès UniverSSE 2017 qui se tiendra à Athènes.

La gauche radicale européenne bénéficiera des expérimentations conduites sur tous les fronts en Grèce, en dépit des conditions extrêmement dures. Il est donc juste que nous fassions une donation au Congrès UniverSSE 2017

En Grèce, les initiatives solidaires se poursuivent en dépit du désastre des politiques européennes et gouvernementales. C’est une lueur, une brèche, un espoir et un travail acharné qu’il est nécessaire d’accompagner pour notre propre survie mentale et politique. Du 9 au 11 juin, les acteurs sur le terrain se rencontrent pour imaginer la suite, des quatre coins de la Grèce mais aussi de la Turquie et d’ailleurs : c’est le Congrès UniverSSE 2017 qui se tiendra à Athènes. Vous pouvez marquer votre appui et votre intérêt pour leur travail en contribuant à leurs frais, pour que les plus démunis apportent leur témoignages et leurs idées à la construction d’un nouveau langage, une nouvelle pratique du changement.

Le Congrès UniverSSE 2017 est le 4ème Congrès européen sur l’Economie Sociale Solidaire qui aura lieu à Athènes du 9 au 11 juin 2017. Des coopératives, des initiatives de terrain, des organisations de l’ESS, des collectifs, des réseaux et des personnes qui travaillent pour promouvoir et faire avancer l’ESS à travers toute l’Europe se réuniront lors de cet événement.

Il y a urgence à soutenir Congrès UniverSSE 2017 . Les initiatives solidaires recoupent des projets de nature diverse, de la coopérative ouvrière à l’occupation des places, en passant par la maison de santé. A Athènes on pourra attendre un foisonnement d’idées inégalé, parce qu’avec la crise, c’est en Grèce qu’ont été poussées plus loin que dans aucun pays européen les expériences locales de relance. Elles croisent la nécessité économique de la survie et des modèles participatifs, écologiques, qui s’affranchissent des intermédiaires institutionnels et économiques traditionnels. Des fermiers et activistes locaux ont ainsi repris le contrôle de la chaîne pour exporter de l’huile d’olive à Lesbos, dans l’optique de créer de l’emploi. Nous bénéficierons donc de cette science, qui sera la leur.

À cette occasion, un financement participatif est organisé sur la plateforme Goteo (dédiée aux projets de construction de communs et de solidarité sociale). Cette campagne vise à collecter de l’argent afin de couvrir les frais de voyage et d’hébergement des membres des structures de solidarité sociale et d’économie sociale et solidaire qui participeront au Congrès UniverSSE 2017, ainsi que certains de ses coûts administratifs.

Les participants incluront par exemple la coopérative de Modousa à Lesbos, le mouvement Our Commons de Turquie ou SODePAZ qui assure du tourisme équitable.

Modousa – La coopérative ouvrière de Lesbos au Congrès UniverSSE 2017

Depuis 15 ans, Giorgio exploitait l’oliveraie de son grand-père, mais depuis 3 ans l’activité a été relancée au sein d’une coopérative dont les réunions hebdomadaires ont lentement gagné la confiance de la commune, et l’adhésion à un processus démocratique, manifeste au sein de l’Assemblée générale, passée en 3 ans de 9 à 65 membres.

https://player.vimeo.com/video/214511378Modousa from vzw Climaxi on Vimeo.

Costas Artakianos, (directeur), Spyros Psomas, George Giannikos Vassilis Neiros, George Painter, John-Michael Darellis, Panagiotis Konstantaras, Nikos Chiotis et Vangelis Anastasiou ont lancé la coopérative sociale et solidaire ou « KOINSEP » « Modousa » en 2013. Avec un capital de 30,000 euros, ils ont repris l’exploitation assoupie de l’oliveraie de Gera, et bénéficié de l’appui d’un pionnier de l’entreprise sociale et solidaire Dimitris Michailidis. Leur attention s’est immédiatement portée sur la nécessité de restaurer de la cohésion sociale en même temps qu’une capacité forte de changement pour le bénéfice de tous. C’est sans doute là la force indéniable des initiatives grecques, très engagées.

L’année dernière, dans le cadre d’une campagne pour les exportations solidaires, Soli-Oli, initiée dans le cadre d’un précédent congrès organisé par Ripess Europe à Berlin, Solidarity for all en coopération avec la coopérative d’huile Modousa de Lesbos et le groupe de producteurs Greenland de Messinia, a exporté 2,5 tonnes de produits (huile d’olive et olives) à des amis et des allemands solidaires qui ont activement apporté leur appui au développement de l’économie solidaire en Grèce.

Modousa a aujourd’hui pour ambition le développement de l’agrotourisme aux abords de l’oliveraie et la construction d’une usine de traitement des déchets.

Information : www.modousa.gr, tel . : 22510-51950, 6943828343.

Lien au site de soutien Goteo pour UniverSSE 2017

Post-scriptum

Interdemos

Depuis qu’à l’été 2015 le gouvernement grec a accepté de mettre en œuvre les politiques que le référendum de juillet 2015 avait rejetées, Interdemos cherche de nouveaux moyens de soutenir les initiatives de solidarité qui alimentent un sursaut politique. Alors que la situation concrète ne cesse d’empirer avec le 3e memorandum, ces initiatives renaissent aujourd’hui et nous allons vous proposer d’en soutenir certaines. Voici la première de ces propositions.

Apprendre d’Athènes

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Documenta, l’une des plus importantes expositions d’art modernes d’Europe, s’ouvre à Athènes samedi 8 avril.

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Composée de milliers d’olives vertes et noires, l’une des oeuvres s’intitule Paiement de la dette grecque en Allemagne aux olives et à l’art.
Intitulée Learning from Athens 8apprendre d’Athènes), la quatorzième édition de Documenta s’intéresse aux conflits économiques et migratoires qui secouent l’Union européenne en adoptant notamment le point de vue de la Grèce.

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Ce projet est profond, riche et complexe“ décrit Adam Szymczyk, le directeur artistique de Documenta 14. Pour lui, cet événement “offre quelque chose qui est totalement unique dans cette ville et pour beaucoup de gens qui viendront de très loin“.

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Tous les 5 ans, le monde de l’art se donne rendez-vous à Cassel. C’est dans cette ville du centre industriel de l’Allemagne que se sont jusqu’alors déployées chacune des treize éditions. Mais cette année, pour la première fois, Cassel partagera la vedette avec Athènes.
Fondée en 1955, l’exposition cherchait initialement à réconcilier le public allemand avec l’art moderne, après la dictature nazie.

http://www.documenta14.de/en/