Reconquête

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Le cycle électoral décisif de 2017 est achevé. La politique n’en sort pas grandie. La gauche est malade, mais sa partie gauche est en principe dans une situation plus favorable. Raison de plus pour ne pas gâcher une opportunité et une redoutable exigence.

Constituer le peuple
Éparpillement du champ politique, abstention exceptionnelle, recul des partis traditionnels… Tous les indices convergent pour mettre en relief ce qui est une véritable crise politique, articulée à une crise de régime. Redéfinitions à la marge et replâtrage constitutionnel ne serviraient dès lors à rien. Relancer la gauche dans son état ancien n’a pas davantage de sens. Les temps qui sont les nôtres appellent à une rupture, sans précédent et à toutes les échelles. Elle demande de la refondation ou de la métamorphose, davantage que de l’aménagement.

Le « mouvement ouvrier » s’est affaissé – la crise du syndicalisme en est une manifestation majeure – sans que le « mouvement social » prenne franchement la relève. La radicalité n’a pas échappé à la tension entre un pragmatisme par défaut – au prétexte que l’utopie est en panne – et la nostalgie de « jours heureux » dont on ne sait pas toujours très bien s’ils sont ceux de l’espoir révolutionnaire ou de la bonne vieille social-démocratie d’antan. Le « réalisme » prôné par le socialisme s’est enlisé dans les sables, mais « l’alternative » n’a pas fait la démonstration complète de sa force et de sa crédibilité.

Au fil des ans, le PCF s’est enfermé dans le souvenir de ses temps glorieux et le PS est devenu le parti de la « gestion loyale » d’un capitalisme mondialisé. Par-là, les deux partis ont cessé d’être des lieux de promotion des attentes populaires, notamment ouvrières et urbaines, et des foyers de socialisation permettant aux couches subalternes de disputer la place aux groupes dotées des ressources matérielles et symboliques qui découlent de leur statut. La violence de la crise politique, le désengagement citoyen de plus en plus affirmé et la poussée du Front national ont été les manifestations les plus fortes de ce processus régressif. La politique a horreur du vide : quand les forces les plus critiques ne sont pas suffisamment à la hauteur, la place est libre pour les centrismes improbables ou pour les alternatives violentes, celles des petites et des grandes « communautés ».

On ne change pas le désordre de la société, sans le socle humain qui le rend possible. Or la gauche traditionnelle est en panne. Le communisme et le socialisme l’ont structurée pendant tout le XXe siècle (voir article précédent) ; ils ne sont plus en état de le faire. Le clivage même de la droite et de la gauche est en question, dès l’instant où leurs gestions du pouvoir finissent par se confondre. La conclusion s’impose à beaucoup qu’il faut désormais s’appuyer sur un autre paradigme : l’objectif ne serait plus d’unir la gauche, mais de rassembler le peuple ; il faudrait le faire, non pas contre la droite, mais contre les « élites », qu’elles soient de gauche comme de droite.

R.Martelli extrait : https://www.ensemble-fdg.org/content/legislatives-second-tour-et-apres

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