Grexit

Kounellis-Z-44-H

Sortie de l’euro, une occasion historique

par Costas Lapavitsas, juillet 2015

APERÇU

Dès 2010, la perspective d’un défaut grec et d’une sortie de l’Union économique et monétaire (UEM) a surgi. Du point de vue de la théorie économique, le problème est cristallin : une économie faible, caractérisée par d’importantes failles institutionnelles, a rejoint une union monétaire structurellement dysfonctionnelle. Elle s’est dotée d’une devise non seulement forte, mais intrinsèquement problématique. Dans un tel contexte, il n’y a que deux issues : soit l’UEM se réforme en profondeur, soit la Grèce doit envisager un défaut et une sortie.

Le dysfonctionnement de l’euro s’explique avant tout par la politique allemande visant à comprimer les salaires, ce qui a permis à Berlin d’accroître son avantage compétitif et de devenir l’un des principaux prêteurs en Europe. En adoptant cette politique, l’Allemagne a amputé sa propre demande pour mieux capter des richesses en provenance de l’étranger ; une politique dont la population a fait les frais, mais qui a ravi les grands exportateurs et les établissements bancaires.

Pour les autres pays membres, l’option allemande a eu l’effet opposé : une hausse des déficits et des emprunts. Là réside le déséquilibre fondamental de l’UEM, masqué au début des années 2000 par la disponibilité de liquidités bon marché qui ont facilité la consommation et l’investissement dans le secteur de la construction. Mais la crise mondiale de 2007-2009 a mis au jour le hiatus et provoqué le dérapage de la zone euro. Ayant enregistré la plus importante dégradation en termes de compétitivité, la Grèce s’est révélée le pays le plus vulnérable de la région. Elle s’est bientôt retrouvée confrontée à une dette astronomique de 300 milliards d’euros et à des déficits béants au niveau du budget et du compte courant : plus de 15 % du produit intérieur brut (PIB) dans les deux cas. Une monnaie forte venait de détruire une économie faible.

Le destin de la Grèce a néanmoins été scellé après 2010, lorsque l’Union européenne a choisi l’austérité comme principale solution à ses difficultés.

http://www.contretemps.eu/interventions/costas-lapavitsas-voie-sagesse-c%E2%80%99est-celle-sortie-euro-changement-social

Voir aussi article de JM Harribey altereco :

http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2015/07/14/1938-munich-%E2%80%93-2015-berlin/

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