Droit à la philosophie

Envisagée par le gouvernement, la disparition de la dotation publique entraînerait celle de l’institution créée par Jacques Derrida. Seuls y auraient intérêt les bureaucrates et experts d’État que dérange la liberté du Collège. La résistance s’est organisée.

Dans Du droit à la philosophie (Galilée, 1990), qui recueille également ses textes fondateurs, Derrida rappelle que l’histoire du Collège s’inscrit dans l’histoire des luttes pour l’extension de la philosophie hors de la classe de terminale (lutte dont il prit la tête, en 1974, contre la réforme Haby, ministre du gouvernement Chirac, en fondant le GREPH). Mais aussi dans le contexte de l’apparition des « nouveaux philosophes » (Bernard-Henry Lévy, André Glucksmann, etc) sur la scène intellectuelle française.

Bernard-Henry Lévy s’en prit alors violemment à Derrida par médias interposés – puis physiquement, lors des États généraux de la philosophie que Derrida organisa en 1979. On voit que ces luttes institutionnelles croisaient et préfiguraient déjà des luttes politico-théoriques à venir (nécessité de transformer les appareils de production culturelle, médiatiques et universitaires, rapport à l’héritage de la pensée de Marx, etc).

Regards novembre 2014

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