Les poubelles du nucléaire

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La hague:

Y-a-t-il plus de tritium – de l’hydrogène radioactif – dans les eaux de la Manche que dans celles du Pacifique, à proximité de la centrale de Fukushima ? C’est ce qu’affirme l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO), qui a mesuré, le 17 octobre 2012, une concentration en tritium de 110 becquerels par litre d’eau dans la baie d’Ecalgrain. A quelques pas de de l’usine Areva de La Hague, dans la Manche.

Une quantité anormale : l’ACRO relève habituellement moins de 27 becquerels par litre d’eau. « En dix ans de surveillance mensuelle à Goury (ndlr : au cap de la Hague), de 1998 à 2007, l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire ) n’a jamais mesuré de concentration supérieure à 33,3 Bq/L »,  écrit l’association dans son communiqué. L’ACRO rappelle également que la concentration naturelle de tritium est de l’ordre de 0,1 Bq/L.

Parmi les mesures qu’elle effectue régulièrement, l’entreprise Areva, qui exploite le site de la Hague, dit n’avoir rien remarqué d’anormal. Ses installations nucléaires rejettent des effluents liquides radioactifs directement dans la mer, au large. Une pratique encadrée par des autorisations spécifiques. L’idée est de diluer ces liquides radioactifs dans les eaux de la Manche, afin de les rendre inoffensifs. Peu importe que les rejets radioactifs se déplacent ensuite, au gré des courants, le long des côtes de la Basse-Normandie.

« Les seules usines de retraitement d’Areva à La Hague (Manche) et de Sellafield (sa cousine anglaise) constituent le rejet radioactif le plus important au monde résultant d’une activité humaine, indique Greenpeace. L’organisation environnementale cite un rapport réalisé en 2001 pour le compte du Parlement européen, qui conclut que ce rejet est équivalent à un accident nucléaire à grande échelle chaque année. « Plusieurs études ont d’ailleurs établi une recrudescence statistiquement importante de leucémie dans la région de La Hague », ajoute l’ONG.

Mais pour le chef de l’Autorité de sûreté nucléaire, Simon Huffeteau, le taux de tritium mesuré par l’ACRO n’est pas inquiétant. « C’est une valeur qui est ponctuelle, qui ne représente pas d’enjeu sanitaire », explique-t-il. Une valeur ponctuelle pourtant largement supérieure aux mesures effectuées début mars, dans les eaux du Pacifique à proximité de Fukushima (13 Bq/l) et au large (3 Bq/l). Que s’est-il donc passé à la Hague, s’interroge l’ACRO ?

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Bure :

Le Réseau « Sortir du nucléaire » et les associations
Burestop 55 (Meuse), Mirabel (Mouvement InterAssociatif pour les Besoins de l’Environnement en Lorraine), Asodedra (Vosges), Cedra (Haute-Marne) et les Vigilants de Gondrecourt (Meuse) mettent en demeure l’Andra de s’expliquer sur la dissimulation du potentiel géothermique à Bure, là où est prévu le site national d’enfouissement de déchets radioactifs en profondeur dénommé CIGEO.

Les associations s’appuient sur les travaux du géologue indépendant Antoine Godinot, qui a mené une analyse critique des rapports de l’Andra concernant le potentiel géothermique dans la région de Bure.
La Règle Fondamentale de Sûreté (remplacée par le Guide de sûreté) énonce qu’il ne peut y avoir de stockage de déchets radioactifs à l’aplomb de ressources potentiellement exploitables. La géothermie fait partie de ces ressources. L’Andra a conclu, à l’issue d’un forage profond réalisé en juin 2008, à la médiocrité du potentiel géothermique à Bure : débit de 5 m3/h.
Or les travaux d’Antoine Godinot, géologue indépendant, démontrent que l’Andra a souhaité conclure de la manière qui l’arrangeait le mieux. En effet, en dépit des règles en la matière, l’Andra n’a pas fait enlever la boue spécifique de forage et en a fait injecter dans les tuyaux de l’appareillage. Il en a résulté une obstruction externe et interne de la crépine (seule partie du tubage pourvue d’ouvertures, sous forme de très fines fentes horizontales, destinée à laisser passer l’eau lors du test). Le débit observé de 5 m3/h n’a donc aucune valeur. Le test a pourtant montré que l’aquifère était aussi bon que les exploitations parisiennes en service depuis plus de 30 ans.
[photo en pièce jointe]
Les associations souhaitent porter à la connaissance de la presse l’ensemble des éléments du dossier, et mettent l’Andra en demeure de fournir des explications sur cette dissimulation.
Veuillez trouver en pièce jointe notre analyse détaillée, ainsi que la lettre de mise en demeure et le texte du Guide de sûreté.

http://burestop.free.fr/spip/spip.php?article499

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