Nucléaire et démocratie

Nouvelles de France :

Le gouvernement vient de signer discrètement le décret autorisant la création du réacteur à fusion ITER. Par son soutien à cette dangereuse chimère technologique, aussi coûteuse qu’inutile, il confirme sa politique du fait accompli et sa vision bien particulière de la transition énergétique.

Ce samedi 10 novembre, cinq personnalités ont été choisies par Delphine Batho pour participer au comité de pilotage du débat sur l’énergie. Parmi elles, Anne Lauvergeon, ancienne patronne d’Areva, et Pascal Colombani, ancien administrateur général du Commissariat à l’Énergie Atomique ! Pour le Réseau « Sortir du nucléaire », ces nominations, qui ont tout d’une sinistre farce, confirment que ce débat n’est pas destiné à remettre en cause notre modèle énergétique.

Nouvelles du Japon :

« Un autre scandale a éclaté récemment : sur les cinq experts que comprenait la cellule qui détermine les nouveaux critères de sûreté des réacteurs, dépendante de la même NRA (autorité de régulation) quatre ont reçu de l’argent des industries nucléaires (le constructeur Mitsubishi Jûkô entre autres). Par ailleurs, le gouvernement japonais qui va accueillir le Premier ministre indien du 15 au 18 novembre projette de négocier un accord de collaboration pour l’industrie nucléaire.

Tout cela démontre qu’au coeur des centres de décision, personne n’a renoncé à la poursuite du nucléaire. L’autre versant de la politique des autorités japonaises est le déni des conséquences sanitaires de la contamination radioactive dont parlera ensuite Haruko Boaglio, mais je tiens à vous signaler le résultat de l’enquête de Greenpeace concernant des mesures de radioactivité effectuée dans la préfecture de Fukushima. Elle a eu lieu à la mi-octobre dans 410 emplacements de la ville de Fukushima ainsi qu’à IItaté-mura. Ils ont découvert que leurs appareils de mesure affichaient un niveau de radioactivité bien supérieur à celui des moniteurs de mesure installés par les autorités. Il semblerait que les emplacements officiels aient été préalablement décontaminés pour que le moniteur affiche une valeur inférieure à la réalité. Suite aux critiques, le Ministère de l’éducation et des sciences a répondu que 675 moniteurs de mesure affichaient une valeur de radioactivité 10% inférieure, à cause de la batterie qui empêchait une partie des rayonnements ionisants d’atteindre l’appareil. Or, Greenpeace a constaté des cas plus graves ou les chiffres officiels étaient jusqu’à 4 à 5 fois inférieur à leurs mesures. Voici un exemple parmi d’autres de l’attitude des autorités japonaises qui continuent à minimiser ou à camoufler la contamination radioactive en cours.

J’ajoute également un énième mensonge de TEPCO sur les travailleurs intervenant sur le site de la centrale de Fukushima Daiichi. Chaque jour, 3 000 travailleurs continuent d’intervenir sur le site dans des conditions extrêmement difficiles où le manque de contrôles sur la radioprotection est criant. TEPCO prétendait que 24 000 personnes étaient inscrites sur la liste des intervenants pour assurer le « turn-over »(la rotation). Or, on a découvert que 16 000 personnes étaient déjà rayées de cette liste, soit qu’elles avaient déjà atteint la dose autorisée, soit qu’elles étaient parties à cause des conditions de travail trop dures ou inacceptables. Comment TEPCO pourra-t-il mener à bien les diverses interventions nécessaires qui vont durer au moins 30 ou 40 ans?

La liste de ces mensonges serait trop longue à citer, chaque jour apporte un nouveau fait ou une nouvelle révélation de la mascarade organisée autour de la catastrophe de Fukushima. Or, la presse internationale n’en parle pratiquement plus, les dirigeants ont entériné le fait accompli de la mise en danger de la population par une oligarchie politico-économique. Et les habitants de Fukushima se sentent de plus en plus abandonnés. Comme l’a fait remarquer le jeune Japonais venu à Paris pour le rassemblement du 13 octobre dernier, si l’on accepte ce qui se passe à Fukushima et au Japon maintenant, le sort des habitants de Fukushima sera le nôtre en cas d’accident grave en France. Soyons vigilants et restons informés pour soutenir celles et ceux qui luttent et souffrent là-bas. »

Yuki TAKAHATA

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