Rentrée de combats

Photo : J.Koudelka Rencontres d’Arles 2012

Sur le nucléaire, sur le traité européen, sur les méthodes du ministre de l’intérieur… Le Parti socialiste au pouvoir. La mauvaise blague : leur slogan de campagne c’était  : « le changement c’est maintenant ».

Morgan Garo, docteur en géopolitique, auteur du livre Les Rroms, une nation en devenir ? (éditions Syllepse), en dénonçant les faux-discours et les mesures transitoires dont sont victimes les Rroms :

Les autorités continuent à vouloir nous faire croire que si on les accueille dignement, d’autres arriveront. Or, ce n’est pas vrai. Toutes les études le prouvent. Depuis dix ans, le nombre de Rroms venus de Roumaine et de Bulgarie n’a pas évolué. Et que représente 15 000 personnes sur 68 millions de Français? Pourquoi tant d’énergies déployer à les expulser. Ce ne sont pourtant pas eux qui décident des politiques économiques, celles qui entrainent les licenciements, les fermetures d’usine, en France et en Roumanie. Réveillez-vous! Ce ne sont pas ces milliers de familles qui ont amené la crise des subprimes, la faillite des banques, les licenciements, ils en sont malheureusement les premières victimes. Il s’agit encore d’un écran de fumée, déployé pour répondre à un discours sécuritaire et alarmiste. En 2004, Nicolas  Sarkozy a essayé d’utiliser cet écran,  et aujourd’hui, Manuel Valls recommence. Arrêtez! Des solutions existent. Mais, pour cela, il faut écouter les associations de terrains et aussi, et surtout, les personnes concernées, c’est-à-dire les Rroms eux-mêmes. D’ailleurs il est étonnant que toutes les associations n’ont pas été conviées à la conférence interministérielle, notamment la « Voix des Rroms ».

Certes, la commission interministérielle a permis des avancées mais elles restent partielles si aucun fond spécifique n’est débloqué pour accompagner un véritable programme d’insertion sociale et professionnelle des Rroms. Les associations et les familles attendent des mesures concrètes pour faciliter réellement l’accès des Rroms à la formation et au travail. Mais, pour cela, il faut dégager des moyens financiers et humains. Au-delà de la levée partielle des mesures transitoires, le problème de la gestion des fonds européens devra être résolu, alors qu’ils servent souvent à financer des projets fantômes et ne bénéficient donc pas aux populations concernées.

Il faut qu’il y ait la mise en place d’une véritable coopération, à la fois entre les Etats (France, Roumanie, Bulgarie), avec la participation active des associations, des représentants Rroms de chaque pays et de leurs organisations internationales. L’objectif?  Développer une véritable politique d’ascension sociale pour les Rroms et lutter contre l’ostracisme à tous les niveaux.

La politique d’expulsion est un échec humain et financier. Seule la mise en place d’une politique globale avec des moyens effectifs permettra un meilleur accès à l’éducation, à la santé, à la formation à l’emploi et au logement, volet totalement absent des négociations actuelles.

Mediapart

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s