Retour sur les luttes

Source : Arte

Retour sur quatre pays en lutte : Grèce Espagne Portugal et Italie.

Athènes à feu et à sang

Pas un jour ne passe sans manifestation place Syntagma. Discrètes ou massives, convoquées par les syndicats, les partis politiques, ou par les indignés. Des citoyens de toutes générations, de tous horizons politiques, de toutes conditions se rassemblent pour s’opposer à un ennemi commun : le gouvernement grec, ses mesures d’austérité et la « Troïka » (Fonds Monétaire International, Commission Européenne et Banque Centrale Européenne). Ici, le vendeur ambulant peut vous expliquer le fonctionnement du FMI et le chauffeur de taxi s’inquiéter du sort de la banque DEXIA. Ils sont tous devenus des spécialistes. Ils se sont informés pour tenter de comprendre ce qu’il leur arrivait.

Depuis 2000, le pays connaît un déficit structurel. En entrant dans la zone euro, la Grèce a vu sa compétitivité chuter et son industrie dépérir. La mauvaise gestion des finances publiques par le gouvernement grec n’a fait qu’aggraver le problème. La combinaison de ces facteurs a donné lieu à un creusement du déficit de la balance extérieure.

L’engrenage En octobre 2009, en s’installant au poste de Premier Ministre, Georges Papandréou révèle les chiffres alarmants du déficit grec. La confiance des investisseurs est ébranlée. Les agences de notation baissent à tour de rôle la note de la dette grecque, ce qui renchérit les taux d’intérêts auxquels Athènes peut emprunter. Certains fonds spéculent sur la dégradation des finances publiques grecques. C’est le début de l’engrenage. La dette s’élève aujourd’hui à 350 milliards d’euros, soit plus d’une fois et demie son produit intérieur brut.

La Grèce, menaçant d’entraîner la zone euro dans sa chute, est placée sous surveillance et sommée de resserrer au maximum le budget.

Le Portugal est malade

Le pays tousse, chancèle mais « va beaucoup mieux que la Grèce » selon Paul Krugman prix Nobel d’économie 2008, présent à Lisbonne mi février. C’est à dire Docteur ? Faut-il se réjouir ou s’inquiéter ?

Car la cure d’austérité qui lui est imposée en échange de l’aide internationale, ôte de grandes chances de renouer avec la croissance. A chaque passage de la « Troika », le remède conseillé est un nouveau tour de vis. Pour les portugais l’asphyxie n’est pas loin. En mai 2011, après l’Islande et la Grèce, le Portugal ne peut pas éviter le secours de l’Union européenne, du FMI et de la banque centrale, la désormais fameuse : « Troika ». 78 milliards d’euros sur trois ans lui sont été attribués, pour lui rendre sa crédibilité sur les marchés et sortir le pays de la spirale de l’endettement.

Résignés à l’austérité ? Mais la pilule de l’austérité est dure à avaler, surtout à forte dose de quatre en moins d’un an : hausse de la Tva, taxes sur l’énergie domestique, augmentation de 20%  du prix des transports, reconduction du gel des salaires dans la fonction publique, diminution des retraites, réduction des indemnités en cas de licenciement, suppression des avantages fiscaux… et la liste est loin d’être exhaustive. A Lisbonne, le visage des travailleurs est souvent ridé, fatigué. Et pour cause, certains ont atteint depuis longtemps l’âge de la retraite, sans qu’aucun repos ne soit encore possible. La pension retraite d’un portugais est en moyenne de 420 euros par mois, c’est plus bas que le seuil de pauvreté. (432 euros)

Los Indignados

« Si vous ne nous laissez pas rêver, nous ne vous laisserons pas dormir », avaient-ils prévenu en installant leur village alternatif le 15 mai sur la place Puerta del Sol, au coeur de la capitale espagnole. Los Indignados ont campé durant quatre intenses semaines sur cette place madrilène devenue le symbole de la résistance contre le système politique et économique en place. Là, ils ont pris le temps de formuler leur contestation en élaborant un « Manifeste », point de départ d’une mobilisation qui dépasse désormais les frontières nationales.

Les origines du mouvement La jeunesse espagnole, longtemps critiquée pour sa passivité et son conformisme en dépit de la grave crise économique, a su pérenniser une rébellion spontanée. Los Indignados sont considérés comme les précurseurs en Europe de ce type de manifestation pacifique. Leur nom, ils l’ont emprunté à Stéphane Hessel. Certains Indignés reconnaissent avoir été influencés par les révoltes du Printemps Arabe.

Dans les deux cas, on retrouve cette même volonté de dénoncer un système à bout de souffle : d’un côté des régimes dictatoriaux, de l’autre des démocraties gangrenées par la corruption et soumises au diktat des marchés financiers. Mais ce qui a déclenché ce mouvement, c’est surtout la crise économique et ses conséquences : les mesures d’austérité.

À l’origine, on compte en Espagne trois associations fondatrices : « Democracia real Ya » (Démocratie réelle maintenant), « Toma la plaza » (Occupe la place), ou « Juventud sin futuro » (Jeunesse sans futur). Aujourd’hui, le réseau serait alimenté par plus de cinq cents organisations et associations.

Le Peuple Violet

 width=Le mouvement du Popolo Viola est né sur la Toile, fruit de la mobilisation d’une demi-douzaine de blogueurs. Tout a commencé le 9 octobre 2009. Le tribunal suprême italien venait de statuer que l’immunité pénale du président du Conseil pendant la durée de ses fonctions (garantie par une loi spéciale approuvée par son propre gouvernement) était inconstitutionnelle. Cette décision a rouvert deux procès en cours accusant Silvio Berlusconi de fraude comptable et de corruption.

Très vite, ces blogueurs décident de se rencontrer. La première réunion, rassemblant une cinquantaine de personnes dans une petite boutique du vieux Rome, débouchera en quelques semaines sur l’organisation du « No Berlusconi Day». La campagne a rapidement pris de l’ampleur sur Internet avec des vidéos, des blogs, et des tweets mais aussi, hors ligne, par le bouche-à-oreille. En un mois, plus de 280 000 personnes adhéraient au mouvement. Le 6 décembre 2009, jour du « No B. Day », dans toutes les grandes villes d’Italie, près d’un million de personnes descendent dans les rues. Elles sont toutes vêtues de violet. Le violet, parce que cette couleur n’est celle d’aucun parti politique. Le violet, couleur de leur autonomie. Il Popolo viola demande massivement la démission de Berlusconi et la fin du Berlusconisme, dénonçant la corruption et l’autoritarisme, le contrôle des media et les affaires de mœurs.

Cyberactivisme En deux ans, Le Peuple Violet s’est fait une large place dans le paysage des mouvements de contestation. Né sur Internet, mobilisant les masses sur la Toile, ce mouvement compte aujourd’hui 430 000 adhérents sur les réseaux sociaux. Et il poursuit son cyberactivisme par l’organisation d’une consultation populaire. Cette consultation doit permettre la rédaction d’un manifeste à soumettre aux partis d’opposition.

http://www.arte.tv/fr/4283432,CmC=4256396.html

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