France/Japon : Au pays du mensonge

Deux pays, deux exemples de lobby du nucléaire, deux sources de mensonges des gouvernements : le Japon et la France :

Fukushima : une catastrophe d’origine humaine, pas naturelle

La Commission indépendante d’experts nucléaires a rendue le 5 juillet 2012 son rapport d’enquête sur Fukushima.

Cette commission, chargée par le parlement japonais de déterminer les circonstances de la catastrophe nucléaire qui a commencée le 11 mars 2011, a publié un rapport accablant de 641 pages. Elle  est composée de dix experts, sismologue, avocats, médecins, journaliste scientifique, professeurs.

Une enquête menée sans compromis

La commission a mené un travail de recherche approfondie, avec des entretiens auprès de 1 176 personnes, pendant plus de 900 heures lors des 6 derniers mois…

Des responsables sont clairement désignés : TEPCO, mais aussi le manque de réactivité des agences gouvernementales japonaises. Le rapport souligne et étudie également les aspects culturels, pointant l’extrême respect et la soumission à l’autorité inhérent à la culture japonaise.

La Commission d’experts était dirigée par Kiyoshi Kurokawa, ancien président du Conseil Scientifique Japonais, qui a écrit, dans le rapport que la fusion “ne peut être considérée comme une catastrophe naturelle. Ce désastre est humain, car il aurait pu et aurait du être prévu et évité.” Le rapport ajoute que “les causes directes de la crise étaient toutes prévisibles, bien avant le 11 mars 2011.”.

Les membres de la commission écrivent, dans leur rapport, que “[la catastrophe] a été le résultat de la collusion entre le Gouvernement japonais, les régulateurs et TECPO, ainsi que du manque de gouvernance de ces instances. Nous en concluons que l’accident est d’origine humaine. Les causes profondes étaient organisationnelles“. Le rapport blâme tout particulièrement l’opérateur TEPCO pour avoir failli dans sa mission à renforcer, améliorer les capacités de résistances de la centrales face à une catastrophe naturelle, et critique également la NISA (Agence du sûreté nucléaire japonaise) et le METI (ministère de l’économie et de l’industrie japonais) pour avoir échoué dans leur mission de contrôle.

“Une arrogance impardonnable”

La Commission pointe qu’en 2006 la NISA avait ordonné des travaux d’amélioration dans le système anti-sismique de la Centrale de Fukushima  Daiichi.  TEPCO a volontairement ignoré cette directive et l’autorité de contrôle n’a pas fait de suivi, auprès de l’opérateur, ne contrôlant pas la mise en oeuvre de sa demande. La commission a relevé une ignorance et une arrogance impardonnable pour toute personne ou toute organisation travaillant dans le domaine du nucléaire. Nous avons découvert un mépris pour la sécurité du public.” peut on ainsi lire dans le rapport.

Rappelons que la catastrophe a contraint 150 000 personnes à quitter leur maison, en plus de libérer des quantités importantes de substances radioactives à des kilomètres autour de la centrale.

De manière significative, le rapport de la Commission remet en question les assertions de TEPCO selon lequel l’accident et la situation de criticité des réacteurs de Fukushima sont dûs au Tsunami qui avait suivi le séisme de magnitude 9…

Un positionnement jugé faux par les experts : selon eux, Tepco a mal évalué la probabilité d’un tsunami de cette envergure et n’a pas pris les dispositions nécessaires, alors que cette éventualité avait été testée ! En 2008, Tepco avait simulé un tsunami de plus de 15 m de haut, dont les vagues atteignaient la centrale Fukushima. Aucune initiative n’a toutefois été prise par la suite, car ils ont jugé peu probable qu’une telle catastrophe survienne, précisent les experts.  “il est impossible de limiter la cause directe de l’accident au tsunami, sans preuve de fond. La commission estime qu’il s’agit d’une tentative d’éviter la responsabilité en mettant tout le blâme sur le [tsunami] inattendu. ” écrit la Commission.

Un Gouvernement qui a failli à sa mission de protéger les citoyens !

Le rapport a également critiqué l’incapacité du gouvernement à gérer efficacement la crise après l’accident : pour les experts “les gouvernements passés et en place à ce moment-là, ont failli à leur devoir de protéger la vie des gens et la société“. Par exemple, dans les jours qui ont suivi la catastrophe, un porte-parole du gouvernement a déclaré que les évacuations ont été engagées “juste au cas où”, plutôt que d’informer les résidents des dangers réels à la suite de grands panaches radioactifs. La Commission déplore également une mauvaise communication, tant entre les techniciens qu’entre les autorités. Ces dernières ont d’ailleurs rapidement été blâmées pour avoir tardé à révéler la gravité de la situation et à évacuer les zones touchées.

Ce rapport soulève ainsi des questions de fond, que tout pays nucléarisé doit se poser en toute transparence. Il montre à quel point des changements radicaux sont nécessaires et doivent être engagés, sur la responsabilité, l’encadrement, et la nécessité de contrôle de l’industrie nucléaire par des autorités … INDÉPENDANTES !

L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a publié aujourd’hui son Inventaire national 2012 des matières et déchets radioactifs, dont il existe même une version “interactive”

A la lecture du dossier de presse, et au regard de l’interprétation qu’en ont fait certains médias (voir l’article du Figaro : La sortie du nucléaire coûtera très cher en déchets)  il parait absolument essentiel de faire une rapide mise au point, ou en tout cas, d’aider l’Andra dans sa volonté “d’être une source d’informations précises pour le citoyen”

Vous avez dit déchets ?

Dans son dossier de presse, l’Andra propose une série de questions / réponses, qui aborde notamment cette question : “Quel impact l’arrêt du traitement des combustibles usés aurait-il sur les volumes de déchets et sur leur stockage ?“.

L’Andra répond à la question : “En cas d’arrêt du traitement, les combustibles usés seraient eux-mêmes considérés comme des déchets. Cela concerne tous les types de combustibles usés (dont le MOX par exemple) aujourd’hui entreposés dans l’attente d’une valorisation future. Les quantités de combustibles usés qui seraient à prendre en compte représenteraient un volume de colis de stockage de l’ordre de 90 000 m3.

Oui mais …

Aujourd’hui seuls 4% des combustibles usés sont considérés comme des déchets et sont pris en compte dans l’inventaire de l’Andra. Ainsi, 96% des combustibles usés échappent à la définition de déchet et sont considérés comme des “matières valorisables”. La loi française prévoit en matière nucléaire qu’”un résidu issu d’un process de production pour lequel une utilisation future est envisagée n’est pas un déchet”.

La recherche sur une filière de 4ème génération (Astrid) supposée fonctionner avec du plutonium et de l’uranium appauvri (les 96% restants) dans un futur plus ou moins lointain (à noter que superphénix était déjà supposé fonctionner avec de tels matériaux) fait sortir ces 96% de la qualification de déchets nucléaires et donc de l’inventaire officiel de l’Andra. Oui, vous aurez noté la somme de conditionnel dans cette phrase….

Les 10 000 m3 annoncés par l’Andra sont donc en réalité les déchets vitrifiés (4% des combustibles usagés). Et si on compare ce chiffre au chiffre de déchets vitrifés dans un scénario de sortie du nucléaire il est de 3500 m3 … oui, c’est donc beaucoup moins.

Comment on arrive à 90 000m3 de déchets avec une sortie du nucléaire dans ces conditions, comme le suggère l’Andra dans ses “questions / réponses” ?

Tout simplement parce que l’Andra considère que la sortie du nucléaire serait couplée avec l’arrêt du retraitement qui ferait comme par magie augmenter le volume de déchets. Remettons les choses dans leur contexte : aujourd’hui, seule une partie du plutonium (qui ne représente qu’1% du volume total des combustibles usagés) est utilisée pour fabriquer du MOX, qui lui, n’est pas recyclable. Le HCTISN a publié un rapport en 2010 qui affirmait que le retraitement ne permettait pas d’économiser de ce fait plus de 12% d’uranium frais. De leur côté les ONG annonce moins de 2,5%…

C’est en réalité l’abandon de la 4ème génération (Astrid, petite fille de Superphénix), ou la démonstration de l’incapacité technique à faire fonctionner un réacteur en surgénération qui amènerait à une nécessaire requalification juridique du déchet nucléaire et donc à une hausse du volume de ces déchets.

Donc ces déchets existent bel et bien aujourd’hui, ils ne sont pas recyclés puisque moins de 1% est utilisé pour faire du MOX et une seule centrale utilise de l’URE (uranium de retraitement appauvri réenrichit en Russie), celle de Cruas-Meysse

La différence de chiffres de 90 000 m3 à 10 000 m3 réside donc dans le fait que ces déchets qui sont aujourd’hui appelés “matières valorisables” et sont entreposés sur les sites d’Areva (principalement La Hague) en attendant qu’un jour, peut être, ils soient potentiellement utilisés, rentreraient alors dans l’inventaire officiel de l’Andra.

Le risque principal ne réside donc pas dans la sortie du nucléaire ! Mais dans les défaillances techniques de la 4ème génération, qui aboutiront à une requalification de la notion de déchets et qui posera surtout la question des coûts financiers de leur gestion.

Source : Greeenpeace 

Liens autour de Fukushima :

http://fukushima.over-blog.fr/categorie-11880730.html

http://videos.arte.tv/fr/videos/carnet_de_route_au_japon_etape_5_asakusa-3798422.html

http://videos.sortirdunucleaire.org/mot/fukushima

http://www.avaaz.org/fr/petition/Appel_urgent_pour_eviter_une_nouvelle_catastrophe_nucleaire_mondiale/?cfWvucb

Voir les dossiers de bure stop :

http://burestop.free.fr/spip/

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