Nouvelles de Palestine

A l’occasion d’un article de Florence Massena dans Alternatives économiques paru en juin 2012, retour sur le travail de Till Roeskens avec la vidéo de 2010 sur l’absurdité de la situation en Palestine :

http://vimeo.com/25189174

Photos du film de Till Roeskens

Article de Florence Massena :

Pendant quatre mois, près de 2 000 détenus palestiniens ont suivi une grève de la faim pour protester contre leur emprisonnement sans jugement. Un accord a été trouvé avec l’administration israélienne le 14 mai dernier mais, un mois après, rien ne semble avoir changé.

Un mouvement de grève de la faim a touché près de la moitié des prisonniers palestiniens en Israël (au nombre de 4 700 selon B’Tselem, le centre d’information israélien des droits de l’Homme dans les Territoires Occupés) entre le 17 février et le 14 mai dernier.

Ils protestaient contre la détention administrative en Israël, qui autorise l’armée à désigner n’importe quel Palestinien et à le faire emprisonner sans preuve et sans jugement ni accès à son dossier pour six mois renouvelables à l’infini. Cette mesure a été adoptée pendant le mandat britannique et était destinée alors à lutter contre les actions armées du mouvement sioniste. Selon Addameer, une association palestinienne de défense des droits des prisonniers en Israël, la population carcérale palestinienne en Israël est passée de 4 417 à 4 659 depuis janvier. La peine minimale est de six mois pour un prisonnier administratif, d’une nuit pour les autres.

Un mouvement de soutien international

Près de 2 000 prisonniers se sont engagés dans cette action en soutien à deux prisonniers qui avaient commencé le 29 février : Bilal Diab et Thaer Halahleh, accusés de faire partie du Djihad islamique par l’armée israélienne. Au bout de quelques semaines, un mouvement international de soutien a agité non seulement Gaza et la Cisjordanie mais aussi la toile, permettant à des collectifs indépendants au Royaume-Uni, en France, en Italie et en Allemagne notamment, d’organiser des journées de jeûne en soutien. Human Rights Watch, l’Organisation Mondiale de la Santé et Richard Falk, rapporteur spécial de l’ONU, ont également alerté la communauté internationale sur les dangers menaçant la vie des prisonniers, sans réaction de celle-ci. Au niveau français, Amnesty International et l’Association France Palestine Solidarité se sont engagés publiquement en appuyant ces appels internationaux. Le 17 juin, le quotidien israélien Haaretz a annoncé que Yaniv Mazor, un réserviste israélien de 31 ans, avait été emprisonné vingt jours suite à son refus de servir une quatrième fois dans l’armée en dix ans. Il a suivi le mouvement de grève de la faim en soutien des détenus administratifs palestiniens, selon l’AFP.

Plusieurs revendications se sont trouvées au cœur de la grève : la fin de la mise en cellule d’isolement, l’autorisation de passer des coups de téléphone et de recevoir la visite de la famille provenant de Gaza (interdite de passage sur le sol d’Israël), et l’accès aux livres et aux études. Après un durcissement de la grève par les prisonniers qui refusaient les transfusions sanguines et la prise de vitamines, un médiateur égyptien de la Commission centrale de la direction de la grève des prisonniers palestiniens et sur demande de l’Autorité palestinienne, le gouvernement israélien et l’administration pénitentiaire ont passé un accord le 14 mai. En échange de la signature d’un document attestant qu’ils ne participeront à aucune activité terroriste et qu’ils arrêteront leur grève de la faim, un millier de Palestiniens ont vu leurs demandes acceptées, et leur peine diminuée.

Quels changements ?

Mais un mois après, rien ne semble avoir changé. Hassan Safadi, qui était emprisonné depuis le 29 juin 2011 et avait participé à la grève de la faim du 5 mars au 14 mai, a été condamné à six mois de détention supplémentaire. Addameer dénonce la situation comme étant une violation de l’accord par Israël, accusation renforcée par le fait que le prisonnier Dirar Abu Sisi se trouve toujours en isolement, et que les visites de familles venant de Gaza n’ont toujours pas repris. L’avocat d’Addameer a  pu voir Hassan Safadi, actuellement tenu en détention au secret dans la prison de Hadarim. Il se trouve selon lui dans un état grave.

En marge de l’Euro 2012, un autre prisonnier palestinien a mobilisé les consciences internationales. Il s’agit de Mahmoud Sarsak, Gazaoui arrêté le 22 juillet 2009 dans le terminal d’Erez (poste de contrôle qui sépare la ville de Rafah d’Israël) qu’il traversait afin de rejoindre l’équipe nationale palestinienne de football en Cisjordanie. Après le début de sa grève de la faim, Eric Cantona a tenu à le soutenir en envoyant une lettre au ministre britannique des sports et au président de l’UEFA Michel Platini, signée par le philosophe américain Noam Chomsky et le réalisateur anglais Ken Loach. Le 12 juin, le président de la FIFA Joseph Blatter a émis un carton jaune diplomatique envers Israël en exhortant la Fédération israélienne de football à réagir dans les plus brefs délais. Six jours après cet appel, l’Etat hébreu s’est engagé à libérer le jeune footballeur le 10 juillet.

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